17 octobre 1806 : Dessalines, fondateur d'Haïti, abattu à Pont-Rouge par ses propres généraux

Le 17 octobre 1806, Jean-Jacques Dessalines, fondateur du premier État noir indépendant du monde, est abattu à Pont-Rouge, au nord de Port-au-Prince, par des officiers de sa propre armée. Deux ans et demi plus tôt, aux Gonaïves, le 1er janvier 1804, cet ancien esclave avait proclamé l'indépendance d'Haïti et rendu à l'île son nom amérindien. Sa mort a 220 ans.
Les historiens ne s'accordent pas sur son berceau. L'Encyclopædia Universalis le fait naître vers 1758 en Afrique de l'Ouest, dans l'actuelle Guinée, avant sa déportation vers Saint-Domingue ; d'autres notices encyclopédiques le situent sur l'habitation Cormier, près de Grande-Rivière-du-Nord, dans la colonie même.
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Esclave jusqu'en 1791, Dessalines rejoint la révolte du Nord, devient lieutenant de Toussaint Louverture, puis se soulève contre la France quand Bonaparte entreprend de rétablir l'esclavage. En novembre 1803, il écrase le général Rochambeau à Vertières et l'armée française évacue l'île. Proclamé empereur sous le nom de Jacques Ier en septembre 1804, il signe la Constitution du 20 mai 1805, qui interdit la propriété foncière aux Blancs.
Son pouvoir a ses zones d'ombre : il maintient le travail forcé sur les plantations, et son règne est marqué par les massacres de colons blancs de 1804, que l'historien Philippe Girard estime entre 3 000 et 5 000 victimes.
Un complot de ses propres généraux
À l'été 1806, une insurrection part du Sud. Le pouvoir venait de décider une réforme agraire au profit des anciens esclaves sans terre, qui heurtait les intérêts des officiers devenus propriétaires. Alexandre Pétion, Étienne-Élie Gérin et Jean-Pierre Boyer figurent parmi les conjurés cités. Le rôle d'Henri Christophe, comme le déroulé exact du meurtre, reste discuté : il repose surtout sur le fait qu'il a pris la tête du gouvernement ensuite. Le corps mutilé est recueilli par Dédée Bazile, dite Défilée, qui le fait enterrer.
L'indépendance mise à l'amende
L'Empire est aussitôt aboli et le pays se divise : Pétion au Sud, Christophe au Nord. Dix-neuf ans plus tard, l'ordonnance de Charles X du 17 avril 1825 impose à Haïti 150 millions de francs-or pour indemniser les anciens colons de la perte de leurs terres et de leurs esclaves, la flotte française croisant au large. Selon le quotidien sénégalais Le Soleil, les derniers intérêts ont été payés en 1952 et une enquête du New York Times chiffre le coût total entre 21 et 115 milliards de dollars. En 2025, Emmanuel Macron a reconnu une « injustice initiale ».
À retenir
Haïti a conquis son indépendance les armes à la main, puis l'a payée deux fois : en 1806 par l'assassinat de son fondateur, en 1825 par une dette imposée sous la menace des canons. La question de la réparation reste ouverte.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


