19 octobre 1986 : Samora Machel tué dans le crash de Mbuzini, quarante ans sans verdict

Story Africa·17 octobre 2026·2 min de lecture
Partager WhatsApp FacebookXTelegram

Le 19 octobre 1986 au soir, l'avion présidentiel mozambicain s'écrase dans les monts Lebombo, à Mbuzini, en territoire sud-africain. Samora Machel, 53 ans, premier président du Mozambique indépendant, est tué. Quarante ans plus tard, aucune enquête n'a établi pourquoi son Tupolev TU-134A s'est écarté de sa route.

De l'infirmerie de Maputo à la présidence

Le plus lu du momentTrump parle d'un « pays totalement différent » : Hargeisa y voit un pas vers la reconnaissance →

Né le 29 septembre 1933 à Chilembene, Machel fut infirmier à Maputo avant de rejoindre le Frelimo, qui l'envoya se former en Algérie, rappelle Britannica. Après l'assassinat d'Eduardo Mondlane en 1969, il prend la tête du mouvement en 1970 et mène la guerre contre le Portugal jusqu'à l'indépendance de 1975.

Son Mozambique devient une base arrière des luttes de libération d'Afrique australe, notamment pour l'ANC, tandis que Pretoria arme la rébellion de la Renamo. L'accord de Nkomati, en 1984, devait mettre fin à ces soutiens croisés : il ne tient pas. Le 7 octobre 1986, le ministre sud-africain de la Défense Magnus Malan prévient que Machel « entrera en collision frontale » avec l'Afrique du Sud, selon South African History Online.

Un crash, deux rapports contradictoires

L'appareil rentrait d'un sommet de chefs d'État africains en Zambie. Le bilan varie selon les sources : la Commission vérité et réconciliation (CVR) sud-africaine écrit que Machel et 24 autres personnes ont péri, South African History Online compte 34 personnes à bord et 9 survivants, et Cyril Ramaphosa parlait en 2016 des « 34 autres personnes » mortes avec le président.

Les secours tardent : la police sud-africaine met environ quatre heures et demie à atteindre le site et Maputo n'est prévenu officiellement qu'à 6 h 50. Des documents sont emportés pour être photocopiés, ce que le chef du renseignement Niel Barnard a reconnu, et la boîte noire, saisie par le général Lothar Neethling, n'est rendue qu'après des semaines, selon South African History Online.

L'enquête du juge Cecil Margo siège à Johannesburg du 20 au 28 janvier 1987 ; Maputo et Moscou s'en retirent, s'estimant traités en subalternes. Margo conclut à une erreur de l'équipage soviétique, verrouillé sur une balise prise pour celle de Maputo. Le rapport soviétique retient au contraire un virage de 37 degrés à droite et la thèse d'une balise leurre. En 1998, la CVR ne valide aucune des deux versions mais juge que des éléments indirects mettent en doute Margo.

Quarante ans de mémoire sans justice

Le 16 mai 1999, Graça Machel déclare à la SABC que le régime d'apartheid est responsable de la mort de son mari, tout en reconnaissant l'absence de preuves : « je sais qu'ils l'ont fait », rapporte le Mail & Guardian. Pretoria a annoncé en février 2006 la reprise des investigations avec Maputo.

À retenir

Samora Machel est mort le 19 octobre 1986 en territoire sud-africain, en pleine guerre de déstabilisation contre son pays. Quarante ans et trois enquêtes plus tard, sa mort reste sans explication judiciaire.

Cet article t'a plu ? Fais-le tourner.

Partager WhatsApp FacebookXTelegram

Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone

Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.