617 incidents graves recensés par l'ONU, aucun grand procès : Mukwege et HRW exigent justice en RDC

Trente ans après le début des guerres de l'est de la République démocratique du Congo, aucun des grands crimes commis n'a donné lieu à un procès d'envergure. C'est le constat que posent Human Rights Watch (HRW) et le prix Nobel de la paix congolais Denis Mukwege, qui ont lancé la campagne « 30 ans de guerre, 30 ans d'impunité », présentée dans un texte signé d'Ida Sawyer, directrice de la division Crises, conflits et armes de l'organisation, publié le 15 octobre 2026.
Le point de départ retenu par HRW est le 6 octobre 1996 : des forces rebelles soutenues par le Rwanda attaquent l'hôpital de Lemera, dans l'est de l'ex-Zaïre, et tuent 37 patients et membres du personnel soignant. Aucune poursuite n'a suivi. Trois décennies plus tard, le rapport Mapping des Nations unies, qui recense 617 incidents graves commis entre 1993 et 2003, reste pour l'essentiel une archive sans suite judiciaire.
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Le dossier n'est pas refermé : le M23, groupe armé soutenu par le Rwanda, contrôle de vastes portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, rappelle HRW, qui décrit ce conflit comme « largement considéré » comme le plus meurtrier pour les civils depuis la Seconde Guerre mondiale. L'organisation parle de millions de morts, directement ou par des causes liées à la guerre, sans avancer de chiffre précis.
« Trente ans de guerre, c'est trente ans de trop », déclare Denis Mukwege, cité par HRW. Pour Ida Sawyer, l'obstacle n'est pas technique : « ce qui manque, c'est la volonté politique » de faire de la justice une priorité pour les Congolais.
Ce que réclame la campagne
HRW demande que la pression s'exerce sur Kinshasa comme sur Kigali pour qu'ils cessent de soutenir des groupes armés responsables d'abus. L'organisation plaide aussi pour un programme de vérification des antécédents, appuyé par la communauté internationale, afin d'écarter des forces de sécurité, des services de renseignement et des postes gouvernementaux les personnes impliquées dans de graves violations. Elle appelle enfin à soutenir la Cour pénale internationale, dont l'enquête est en cours, les procès ouverts à l'étranger au titre de la compétence universelle, et la réforme de la justice militaire congolaise.
Deux revendications structurent la campagne : la création d'un mécanisme de justice internationalisé et un programme global de réparations pour les victimes. Les événements de lancement ont eu lieu à Bruxelles et à Strasbourg, organisés avec la Fondation Panzi, la Fondation René Cassin, la ville de Bruxelles et l'Eurométropole de Strasbourg. Le choix de ces capitales européennes dit l'essentiel : c'est aussi là que se décident les soutiens diplomatiques et financiers qui permettent, ou non, qu'une impunité dure trente ans.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.





