Histoire

8 novembre 2005 : le Liberia élit Ellen Johnson Sirleaf, première femme à la tête d'un État africain

6 novembre 2026 · 2 min de lecture

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  • Deux ans après la guerre civile, les Libériens donnent 59,40 % des voix à une économiste passée par la prison et l'exil.
  • Une première africaine, et un bilan discuté.

Le 8 novembre 2005, le Liberia a élu Ellen Johnson Sirleaf à sa présidence, au second tour du premier scrutin organisé après la guerre civile : 59,40 % des voix contre 40,60 % à l'ancien footballeur George Weah, selon la Commission électorale nationale libérienne. Elle devenait la première femme portée par le suffrage universel à la tête d'un État africain.

Un pays à relever, un accord de paix à respecter

Le premier tour du 11 octobre 2005 était le premier vote depuis la présidentielle de 1997 remportée par Charles Taylor, qui avait démissionné et pris l'exil en août 2003. Un gouvernement de transition conduit par Gyude Bryant administrait le pays depuis octobre 2003, conformément à l'accord de paix global d'Accra, qui interdisait à ses dirigeants de se présenter.

Vingt-deux candidats étaient en lice. Weah arrivait devant avec 28,27 % des voix, Ellen Johnson Sirleaf deuxième avec 19,75 %, pour une participation de 74,86 %. Un mois plus tard, avec 61,04 % de votants, l'ordre s'était inversé.

Une économiste passée par la prison et l'exil

Née le 29 octobre 1938 à Monrovia et diplômée de Harvard en 1971, elle fut ministre adjointe des Finances sous William Tolbert, puis ministre des Finances sous la dictature militaire de Samuel Doe, emprisonnée deux fois et condamnée en 1985 à dix ans de prison avant d'être autorisée à quitter le pays, selon Britannica. Suivirent douze ans d'exil : économiste à la Banque mondiale et à Citibank, puis directrice du bureau Afrique du PNUD de 1992 à 1997. Candidate en 1997, elle arriva deuxième derrière Taylor et repartit en exil, poursuivie pour trahison.

Weah a dénoncé des fraudes ; sa rivale a répondu en parlant de « mensonges ». Nations unies, Union européenne et Cedeao ont jugé le vote propre et transparent, le Carter Center ne relevant que des « irrégularités mineures ». Weah a retiré ses recours le 22 décembre 2005.

Ce que l'histoire retient, et ce qu'elle discute

Investie le 16 janvier 2006, elle a reçu en 2011 le prix Nobel de la paix avec la Libérienne Leymah Gbowee et la Yéménite Tawakkol Karman, a été réélue la même année, puis a quitté le pouvoir le 22 janvier 2018 au profit de George Weah : le premier passage de pouvoir entre dirigeants élus au Liberia depuis 1944, souligne Britannica.

Son bilan, lui, reste débattu. En 2009, la Commission vérité et réconciliation libérienne a recommandé de l'écarter de toute fonction élective pendant trente ans pour avoir soutenu des factions armées : elle avait appuyé Charles Taylor au tout début de la guerre. Cette recommandation n'était pas contraignante. La corruption et le placement de plusieurs de ses enfants à des postes publics lui ont aussi été reprochés.

À retenir

Le 8 novembre 2005, un pays ruiné par la guerre a choisi par les urnes une femme pour le diriger, une première sur le continent. Vingt et un ans plus tard, son élection reste un repère, et son bilan un débat ouvert.

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