Afrique du Sud : l'asile rouvert après six ans, des miliciens armés de bâtons bloquent le centre de Durban

Le ministère sud-africain de l'Intérieur a annoncé le 5 octobre 2026 que tous les demandeurs d'asile pouvaient de nouveau déposer un dossier, mettant fin à six années de fermeture du système aux nouvelles demandes. Dès le lendemain, 6 octobre, une quinzaine de militants anti-immigrés ont pris à partie des demandeurs devant le Centre d'accueil des réfugiés de Durban, selon le média sud-africain GroundUp.
Vers 12 h 30, le groupe — certains masqués, la plupart munis de bâtons ou de knobkerries — est passé devant les policiers postés à l'extérieur, a pénétré dans le parking clôturé, bousculé des personnes qui attendaient et leur a ordonné de partir. Replié de l'autre côté de la rue, il a lancé des insultes, dont le terme « kwerekwere », en leur disant d'aller demander l'asile dans le pays voisin du leur.
Le plus lu du momentCeuta : plus de 3 000 migrants évacués de la plage du Trampolín avant la visite du roi d'Espagne →Des centaines de personnes attendaient depuis le petit matin, certaines ayant dormi dans la rue. Vingt dossiers seulement ont été traités ce jour-là. La police n'est intervenue qu'après quelques minutes pour faire sortir le groupe du parking. Wandile Mhlongo, qui dirige le groupe, a dit vouloir empêcher les gens de demander l'asile en Afrique du Sud ; les policiers l'ont laissé entrer observer les guichets.
Ce que la Cour constitutionnelle a jugé
La réouverture n'est pas une faveur : c'est l'exécution d'une décision de justice. Le 7 juillet 2026, la Cour constitutionnelle a confirmé un arrêt rendu en 2025 par la Haute Cour du Cap-Occidental annulant les dispositions qui verrouillaient l'accès à l'asile. Selon GroundUp, la Cour a jugé que ces règles pouvaient renvoyer des personnes vers le danger sans que quiconque ait examiné si elles étaient des réfugiés — contraire au droit international.
En vigueur depuis janvier 2020, ces amendements permettaient d'écarter un demandeur avant tout examen : ceux qui n'étaient pas entrés par un poste-frontière officiel, ou ne s'étaient pas présentés dans les cinq jours, étaient exclus sauf « raisons impérieuses ». Les bureaux avaient aussi cessé d'enregistrer les demandes de mars 2020 à mai 2022 pour cause de covid. Lawyers for Human Rights, qui représentait le Scalabrini Centre du Cap, a évoqué devant la Cour « des centaines de milliers » de personnes concernées.
Un système déjà saturé
À Gqeberha, le bureau a rouvert après une circulaire du 28 septembre interdisant de refuser un dossier faute de papiers. Linton Harmse, du centre des droits des réfugiés de l'université Nelson-Mandela, y attend des centaines de candidats par jour alors que les trois agents en poste peuvent en traiter une quinzaine. L'autorité d'appel pour les réfugiés a reconnu devant le Parlement, en mai, un arriéré d'environ 161 000 dossiers.
Parmi ceux qui patientent, Bihh Mutombo a fui la RDC il y a douze ans et s'est retrouvé hors du système en 2020. Ces files sont majoritairement composées d'Africains venus d'autres pays du continent : la solidarité entre peuples africains se mesure aussi à la façon dont un État africain traite ses voisins à son guichet.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.




