Afrique du Sud : mort de Babsy Mlangeni, voix aveugle de Soweto, à 83 ans

Story Africa·4 octobre 2026·2 min de lecture
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Afrique du Sud : mort de Babsy Mlangeni, voix aveugle de Soweto, à 83 ans
Photo : Santeri Viinamäki · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

Le chanteur, guitariste et compositeur sud-africain Bernard « Babsy » Mlangeni est mort le 2 octobre 2026 à l'âge de 83 ans, a rapporté le média spécialisé Music In Africa. Né en 1943 à Orlando East, dans le township de Soweto, il laisse une œuvre de près de soixante ans qui a accompagné plusieurs générations de Sud-Africains.

Aveugle depuis l'enfance, Mlangeni avait appris la guitare à l'Athlone School for the Blind du Cap. C'est de cette école pour enfants non-voyants qu'est partie une carrière entière, à une époque où l'apartheid refusait aux artistes noirs les circuits, les studios et les droits dont bénéficiaient leurs homologues blancs.

Des chansons entrées dans le quotidien

Ses titres les plus connus — « Sala Emma », inspiré par son épouse Emma, « Bua Nnete », « Botsotso » et « Hey Mr Taxi Driver » — ont circulé bien au-delà de sa communauté linguistique d'origine, selon Music In Africa. Dans un pays où la langue sert aussi de frontière, cette circulation est en elle-même un fait culturel : Mlangeni chantait pour des auditeurs qui ne partageaient pas nécessairement sa langue.

« Hey Mr Taxi Driver » dit quelque chose du matériau de son travail. Le taxi collectif est le nerf de la vie urbaine sud-africaine, celui qui emmène chaque matin les habitants des townships vers les quartiers où ils travaillent. Faire une chanson de ce trajet, c'est prendre au sérieux l'existence ordinaire plutôt que de la décorer.

Deux prix pour l'ensemble d'une œuvre

L'Afrique du Sud avait reconnu cette trajectoire tardivement mais clairement. Mlangeni avait reçu le prix d'honneur pour l'ensemble de sa carrière aux South African Music Awards en 2017, puis une nouvelle distinction du même type aux National Arts and Culture Awards en 2025.

La South African Music Rights Organisation (SAMRO), l'organisme de gestion des droits musicaux du pays, l'a salué comme « une voix influente » de la musique sud-africaine pendant près de six décennies, d'après Music In Africa. Le ministre Gayton McKenzie l'a pour sa part décrit comme « un géant de la musique, un pionnier », estimant que ses chansons portaient « la chaleur, la romance, la résilience » et l'expérience des gens ordinaires.

Sa disparition rappelle une urgence rarement traitée : une grande partie du patrimoine musical africain du XXe siècle n'existe que sur des supports fragiles, bandes et vinyles, détenus par des maisons de disques disparues ou par des familles. Archiver et rééditer ce répertoire, c'est garder la mémoire d'un continent qui a documenté son histoire en chansons autant qu'en livres.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.