Afrique du Sud : Pretoria retire la directive sur l'asile après l'incendie de 24 véhicules à Soweto et Durban

Story Africa·9 octobre 2026·3 min de lecture
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Le ministère sud-africain de l'Intérieur (Department of Home Affairs) a annoncé le 9 octobre 2026 le retrait de la directive qui demandait aux bureaux de réception des réfugiés d'enregistrer la demande de toute personne se présentant pour solliciter l'asile, quel que soit son statut migratoire. La décision intervient au lendemain de violences qui ont visé, à Soweto et à Durban, des commerces tenus par des ressortissants d'autres pays africains.

Selon le quotidien sud-africain IOL, la directive avait été émise le 28 septembre 2026 par le directeur général du ministère, sans que le ministre ni aucun responsable politique n'en soit informé. Le département la présente comme une tentative « purement opérationnelle » d'appliquer un arrêt de la Cour constitutionnelle et reconnaît des conséquences imprévues : des bureaux submergés en quelques jours, des agents exposés et de « sérieuses menaces » pour la sécurité publique. Il rejette toute motivation politique et annonce un nouveau processus pour définir une mise en œuvre conforme.

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Ce que dit l'arrêt de la Cour constitutionnelle

L'arrêt concerné a été rendu le 7 juillet 2026 dans l'affaire Scalabrini Centre of Cape Town and Another v Minister of Home Affairs and Others, rapporte IOL. La Cour a confirmé une décision de la Haute Cour du Cap-Occidental jugeant inconstitutionnelles des dispositions de la loi sur les réfugiés qui permettaient d'écarter un demandeur pour des motifs de procédure : entrée irrégulière, absence de visa de transit pour l'asile, dépassement des délais de présentation.

L'arrêt n'accorde ni le statut de réfugié, ni la résidence permanente, ni la citoyenneté de façon automatique : chaque demande doit être examinée au fond. Le retrait de la directive ne l'annule pas. Le porte-parole du gouvernement, William Baloyi, a attribué les violences à la diffusion délibérée de fausses informations sur la portée de la décision, selon Al Jazeera, et s'est dit profondément préoccupé par la situation.

Vingt-quatre véhicules incendiés

Le 8 octobre 2026, dix véhicules ont été incendiés à Johannesburg et quatorze à Durban, soit vingt-quatre au total, a indiqué la lieutenante-générale Puleng Dimpane, cheffe par intérim de la police nationale. Trois personnes ont été arrêtées à Durban, où la police a tiré des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants, selon l'AFP citée par Al Jazeera. Des boutiques appartenant à des étrangers ont été pillées et d'autres contraintes de fermer. La radio EWN fait état de neuf enquêtes pour dégradation de biens, trois pour coups et blessures et une pour violence publique.

À Orlando West, dans Soweto, la mobilisation partie vers les bureaux de l'Intérieur devait rester pacifique, affirme le responsable communautaire Tshepo Mposule, cité par le Daily Maverick : des habitants ont fermé au moins trois commerces étrangers, puis une confrontation a dégénéré en jets de pierres et en incendies de voitures. L'armée patrouillait ensuite dans le township. « Le droit d'exprimer des inquiétudes et de manifester ne donne à personne le droit de commettre un crime », a déclaré la lieutenante-générale Dimpane.

Des mois de pression sur les communautés africaines

Le chef du gouvernement provincial du Gauteng, Panyaza Lesufi, a salué un « soulagement majeur », estimant que le retrait laisse le temps de la concertation sans remettre en cause l'arrêt, rapporte EWN. Des mois de manifestations anti-migrants ont déjà poussé des dizaines de milliers de personnes à quitter l'Afrique du Sud, certaines rapatriées par leur propre gouvernement. Le chômage touche environ un tiers de la population active sud-africaine, et les accusations selon lesquelles les migrants prendraient les emplois ou alimenteraient la criminalité ne sont étayées par aucune preuve, souligne Al Jazeera.

Le ministère doit désormais rédiger de nouvelles instructions compatibles avec la décision de la Cour. En attendant, des millions de personnes venues du continent et installées en Afrique du Sud restent suspendues à un cadre juridique que la plus haute juridiction du pays a déjà jugé contraire à la Constitution.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.