Angola : 38 journalistes visés par plus de 200 enquêtes pour diffamation avant la présidentielle de 2027

Story Africa·9 octobre 2026·3 min de lecture
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Angola : 38 journalistes visés par plus de 200 enquêtes pour diffamation avant la présidentielle de 2027
Photo : Narih Lee · CC BY 2.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

Trente-huit journalistes angolais interrogés par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) ont fait l'objet, à eux seuls, de plus de 200 enquêtes pénales pour diffamation depuis 2015, selon une enquête publiée le 8 octobre 2026 et reprise par AllAfrica. Trente et une de ces procédures sont encore ouvertes, six ont débouché sur un acquittement ou un classement, et un seul journaliste, Carlos Alberto, a effectivement purgé une peine de prison au cours de la dernière décennie.

Les chiffres individuels donnent la mesure du phénomène : le journaliste William Tonet affirme avoir dépassé la centaine d'enquêtes à son nom, et Escrivão José en a connu 32 en seize ans, rapporte le CPJ. Deux des trente-huit personnes interrogées ont refusé que leur témoignage soit publié, par crainte de représailles. Il n'existe aucune statistique officielle : le porte-parole du Parquet général indique que les données ne sont pas ventilées par profession.

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Une machine judiciaire sans prescription

En Angola, la diffamation reste une infraction pénale et c'est l'État qui porte l'accusation, plutôt qu'une juridiction civile ou un régulateur des médias. Les journalistes encourent jusqu'à dix-huit mois de prison. Surtout, aucun délai de prescription ne limite l'ouverture d'une enquête, là où la plupart des pays retiennent un à trois ans. La majorité des mis en cause ont le statut d'« arguido », suspect formel, qui restreint leurs déplacements.

Le cas de Daniel Frederico illustre cette mécanique. Il avait fui l'Angola en 2025 par crainte de la prison, pour un article qu'il n'avait pas écrit. Le 2 octobre 2026, il a été condamné par contumace à quatorze mois de prison pour un reportage de 2022 publié par un autre média, selon le CPJ ; son avocat, Antonio Martins, a annoncé un appel. Frederico et l'administrateur de son site font en outre l'objet d'une nouvelle enquête pour un texte vieux de cinq ans critiquant le ministre des Transports, Ricardo Abreu. En septembre 2026, deux journalistes de Factos Diários ont par ailleurs été retenus une journée dans un commissariat du Service d'investigation criminelle.

Le calendrier électoral en arrière-plan

Les Angolais éliront un nouveau président en 2027, João Lourenço ne pouvant pas briguer un troisième mandat. Daniel Frederico y voit la raison de cette intensification : « Ils veulent installer la peur », déclare-t-il au CPJ à propos des autorités. L'ancien dirigeant du syndicat des journalistes angolais, Teixeira Cândido, décrit la diffamation pénale comme « un outil utilisé par ceux qui détiennent le pouvoir » et estime que Luanda ne veut pas réformer. Le parquet défend sa pratique : « C'est une question de politique pénale », répond son représentant Marty Kanando, expliquant qu'il n'a pas le choix d'enquêter. Les plaignants ne sont pas seulement des responsables publics : DP World, la Banque commerciale angolaise et l'Église universelle du royaume de Dieu figurent parmi eux.

La Commission africaine des droits de l'homme et des peuples recommande de remplacer la sanction pénale par des recours civils. Onze pays africains ont déjà aboli la diffamation pénale, dont la Gambie, le Ghana, le Kenya, le Malawi en 2025 et l'Ouganda en 2026. Deux l'ont toutefois réintroduite par la fenêtre, la Sierra Leone et le Zimbabwe, via des lois sur la cybercriminalité et la protection des données. Frederico, lui, renvoie aux articles 40 et 44 de la Constitution angolaise, qui garantissent la liberté de la presse et d'expression.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.