Asile : Washington a clos 2 700 dossiers en désignant l'Ouganda, qui n'a reçu que huit personnes

Story Africa·11 octobre 2026·2 min de lecture
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Les États-Unis ont clos plus de 2 700 procédures d'asile sans examiner les demandes sur le fond, en désignant l'Ouganda comme pays de destination prévu, alors que huit personnes seulement y ont été effectivement transférées à ce jour. C'est le constat d'un rapport de Human Rights Watch (HRW) publié le 8 octobre 2026, dont RFI a rendu compte le 10 octobre 2026.

L'accord entre Washington et Kampala a été conclu en juillet 2025. Il permet aux États-Unis d'envoyer des personnes en Ouganda, où elles pourraient ensuite demander une protection. Depuis janvier 2025, plus de 2 700 dossiers ont été clôturés sur cette base, selon l'organisation.

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Près de 700 Guinéens, 500 Sénégalais

Les personnes concernées sont pour la plupart africaines : environ 700 Guinéens, 500 Sénégalais, plus de 400 Mauritaniens et 285 Camerounais, d'après le décompte de HRW. Leur sort reste incertain. Leur demande d'asile n'a pas été examinée au fond, et la quasi-totalité d'entre elles n'a pas été envoyée en Ouganda pour autant.

« Nier leur droit à l'asile »

Michael Garcia Bochenek, l'un des auteurs du rapport, rappelle que la loi américaine permet à toute personne présente sur le sol des États-Unis de déposer une demande d'asile. Selon lui, l'exécutif tente d'imposer la règle inverse, où un accord conclu avec un pays tiers suffirait à écarter ce droit : cela revient à « utiliser l'accord pour nier leur droit à l'asile », déclare-t-il à RFI.

Le chercheur s'interroge sur l'écart entre les 2 700 dossiers clos et les huit transferts réalisés. Il doute que l'Ouganda puisse ou veuille accueillir ces personnes et se demande si cette approche relève d'une « forme de pensée magique » ou dissimule un autre objectif.

Des accords qui engagent aussi des capitales africaines

Le rapport de HRW met en cause la politique d'expulsions vers des pays africains mise en place par l'administration Trump. Pour les ressortissants guinéens, sénégalais, mauritaniens ou camerounais visés, l'enjeu n'est pas d'abord un transfert qui n'a pas lieu : c'est la perte de l'examen de leur dossier, au nom d'un pays où ils ne sont pas envoyés.

Ce mécanisme place les États africains signataires devant une question de responsabilité. En acceptant de figurer comme destination sur le papier, ils fournissent l'argument juridique qui permet de refermer des procédures d'asile à des milliers de kilomètres de chez eux, sans que leurs propres ressortissants, ni ceux de leurs voisins, y gagnent une protection.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.