Belgique : 1 239 éloignements forcés en huit mois et des enquêtes sur les biens détenus au Maroc

Story Africa·6 octobre 2026·2 min de lecture
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Belgique : 1 239 éloignements forcés en huit mois et des enquêtes sur les biens détenus au Maroc
Photo : Mtcv · CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

La Belgique a procédé à 1 239 éloignements forcés en huit mois de l'année 2026, dépassant son précédent record annuel de 1 112 établi en 2017, selon une analyse publiée le 3 octobre 2026 par le quotidien marocain Libération, sous la signature de Hassan Bentaleb. Les ressortissants marocains arrivent en première position de ces éloignements avec 233 personnes, devant les Albanais (195) et les Algériens (138).

Le contexte démographique éclaire ces chiffres. La communauté marocaine est la plus nombreuse des communautés originaires de pays tiers en Belgique, avec 359 491 personnes, dont environ 75 % ont acquis la nationalité belge, d'après Libération. La politique d'éloignement est portée par la secrétaire d'État Anneleen Van Bossuyt, qui en a fait une priorité, tandis que la ministre de la Justice Annelies Verlinden s'est rendue à Rabat en juin 2026 pour renforcer la coopération judiciaire entre les deux pays.

La surveillance franchit la frontière

Le volet le plus inédit du dossier ne concerne pas les expulsions mais le patrimoine. En Flandre, les autorités ont mené 928 enquêtes entre juin 2021 et la fin 2023 sur d'éventuels biens immobiliers détenus à l'étranger par des bénéficiaires de logements sociaux, pour un coût total de 1,39 million d'euros, selon Libération. Sur ce total, 368 dossiers portaient sur des biens potentiellement situés au Maroc, et 476 enquêtes ont abouti à un résultat positif, soit 51,3 %.

C'est le déplacement que décrit le journal marocain : la frontière ne s'arrête plus au territoire, elle devient patrimoniale et judiciaire, et s'étend au pays d'origine. Un locataire social d'origine marocaine peut ainsi voir son droit au logement conditionné à une vérification menée à des milliers de kilomètres, dans un pays dont il est souvent ressortissant par la naissance de ses parents. La fraude au logement social n'est pas défendable, et les chiffres flamands montrent qu'elle existe. Mais le ciblage par nationalité d'origine installe un soupçon permanent sur une communauté entière, y compris sur ses membres devenus belges.

Une efficacité contestée sur le terrain

Le discours de fermeté se heurte par ailleurs à ses propres limites. Le bourgmestre de Schaerbeek a relevé que seuls 8 % des personnes sans papiers interpellées dans sa commune étaient effectivement éloignées, selon le même média. Le durcissement produit donc surtout de la précarité et de l'invisibilité pour ceux qui restent, sans atteindre les volumes annoncés.

Libération rapporte enfin qu'environ un dixième des personnes détenues en Belgique seraient de nationalité marocaine, élément avancé pour justifier le rapprochement judiciaire avec Rabat. Reste la question que ces dispositifs n'abordent pas : celle des voies légales de séjour et de travail, dont la rareté alimente précisément les situations irrégulières que la Belgique entend réduire.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.