Beni : les cas de troubles mentaux recensés sont passés de 1 367 à 13 282 depuis les premiers massacres des ADF

Story Africa·10 octobre 2026·2 min de lecture
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Environ 13 282 personnes souffrant de troubles mentaux ont été recensées en un an sur l'ensemble du territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo. Avant les premières tueries attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) en 2014, elles n'étaient que 1 367, a indiqué le chercheur et psychologue Kambale Sekera lors d'une conférence-débat tenue le vendredi 9 octobre 2026 à Kamango, à une centaine de kilomètres de Beni, rapporte Radio Okapi.

La rencontre était organisée à la veille de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre. Dans une région marquée par les attaques armées, les déplacements forcés et les deuils répétés, l'objectif était d'ouvrir une conversation publique sur un sujet rarement abordé de front. « La santé mentale devient un enjeu de plus en plus visible dans le territoire de Beni », a résumé le psychologue.

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Un traumatisme devenu collectif

Kambale Sekera rappelle que les troubles mentaux ont des origines multiples, à la fois biologiques, psychologiques, familiales et sociales. Mais il insiste sur trois facteurs de risque que la population de Beni connaît intimement : le traumatisme, le stress chronique et les pertes importantes. L'insécurité permanente, la disparition de proches et l'obligation de fuir son village fragilisent durablement l'équilibre psychique, explique-t-il. Les chiffres qu'il avance ne sont rattachés à aucune institution ni méthode publiée, et les deux périodes comparées ne se recouvrent pas : ils décrivent une tendance plutôt qu'une mesure établie.

L'ordre de grandeur, lui, dit quelque chose d'essentiel. Depuis 2014, les habitants de Beni comptent leurs morts ; personne, ou presque, n'a compté leurs blessures invisibles. C'est la part du conflit qui n'apparaît dans aucun bilan militaire et qu'aucun cessez-le-feu ne referme.

La double peine de la stigmatisation

Le psychologue dénonce le sort réservé aux malades, y compris après leur rétablissement : beaucoup continuent d'être considérés comme inaptes à travailler ou à vivre avec les autres, ce qui bloque leur retour dans la communauté. Il plaide pour une prise en charge fondée sur l'écoute et l'accompagnement, construite avec les personnes concernées et non à leur place, et pour une réintégration sociale qu'il présente comme une condition du rétablissement.

Reste la question des moyens. L'offre de soins psychiatriques est très limitée dans cette partie du Nord-Kivu, et Kambale Sekera prévient que la sensibilisation ne suffira pas : il faut des mesures concrètes. Prendre au sérieux la santé mentale des civils de l'est congolais, c'est reconnaître que la réparation d'une guerre ne se joue pas seulement sur le terrain militaire ou diplomatique, mais aussi dans les centres de santé de Kamango et d'ailleurs.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.