Botswana : l'abattage de 23 éléphants pour les 60 ans de l'indépendance soulève une vague de critiques

Le ministère botswanais de l'Environnement et du Tourisme a délivré une licence autorisant l'abattage de 23 éléphants et d'autres animaux sauvages afin de fournir de la viande aux festivités du 60e anniversaire de l'indépendance du pays, célébré le 30 septembre 2026. La décision a déclenché une série de critiques d'organisations de défense de la faune et de responsables locaux.
« Encourager le braconnage »
Oaitse Nawa, président de l'Elephant Protection Society, a averti que tuer des éléphants pour des banquets festifs risquait de favoriser le braconnage, en installant l'idée qu'abattre un éléphant devient acceptable dès lors que l'État l'autorise. Il dénonce aussi l'effet des battues répétées sur les troupeaux : « Les éléphants ont perdu leurs structures sociales », estime-t-il, décrivant des animaux poussés d'un endroit à l'autre par les coups de feu.
Gaborone défend une chasse régulée
Le Botswana abrite plus de 130 000 éléphants, l'une des plus importantes populations du continent. Le gouvernement défend la chasse encadrée comme un outil de gestion de cette population et des conflits entre humains et faune sauvage : dégâts aux cultures, destructions de biens, mise en danger des villages. Le ministre Wynter Mmolotsi a indiqué que les quotas spéciaux consacrés aux éléphants avaient rapporté 15,6 millions de pulas, soit environ 1,1 million de dollars, en 2025, sommes affectées à des projets de développement dans les communautés concernées.
Le pays avait interdit la chasse au trophée en 2014 avant de lever cette interdiction en 2019, une politique maintenue sous la présidence de Duma Boko.
Fièvre aphteuse et distribution contestée
Au-delà de la question animale, des Botswanais se sont inquiétés sur les réseaux sociaux de la consommation de viande de gibier en pleine épidémie de fièvre aphteuse. Le député Simasiku Mapulanga a réclamé une organisation plus rigoureuse des distributions, invoquant la « dignité », l'équité et l'hygiène publique.
Qui décide de la faune africaine ?
Cette polémique renvoie à un débat ancien et plus large que le Botswana. Les États d'Afrique australe revendiquent le droit de gérer eux-mêmes leur faune et d'en faire une ressource au bénéfice des populations qui cohabitent avec les éléphants et en subissent les dégâts. Les organisations de conservation, souvent basées en Occident, jugent cette approche insoutenable. Entre souveraineté sur les ressources naturelles et protection d'une espèce emblématique, l'arbitrage n'est pas simple, et il appartient d'abord aux Botswanais eux-mêmes — y compris aux habitants des zones rurales rarement entendus dans ce débat.
Les sources consultées ne font état, à ce stade, d'aucune remise en cause de la politique de quotas par le gouvernement de Gaborone.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.