BRICS : le Ghana va déposer sa candidature et réclame la souveraineté sur ses ressources

Le Ghana va déposer une demande officielle d'adhésion aux BRICS : le ministre des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa l'a annoncé le mardi 6 octobre 2026 à Accra, lors d'un point de presse commun avec son homologue indien Subrahmanyam Jaishankar, rapporte le Daily Graphic. Le Cabinet a validé la démarche, qui s'inscrit dans la vision économique du président John Dramani Mahama.
L'argument tient en trois mots : « We want resource sovereignty », a déclaré Ablakwa, selon le Daily Graphic. Deuxième producteur d'or du continent et gros exportateur de cacao, le Ghana veut cesser de vendre des matières premières brutes pour les transformer sur place, et cherche des partenaires prêts à financer cette industrialisation.
Le plus lu du momentCeuta : plus de 3 000 migrants évacués de la plage du Trampolín avant la visite du roi d'Espagne →Sortir des conditionnalités, sans claquer la porte
Le ministre avance aussi un objectif plus politique : élargir les options de financement du pays et échapper aux conditionnalités imposées par certaines institutions internationales, tout en soutenant un monde multipolaire. Il a pris soin de préciser qu'Accra ne tourne pas le dos à ses partenaires traditionnels et reste membre des institutions de Bretton Woods, en rappelant le rôle d'Afreximbank, qui a mobilisé environ 700 millions de dollars pendant la crise financière ghanéenne de 2023-2024.
L'Inde, membre fondateur du groupe, s'est dite favorable. Jaishankar a assuré que New Delhi a toujours soutenu les aspirations ghanéennes, tout en rappelant qu'une adhésion relève d'une décision collective des membres. Entre les deux pays, les échanges ont plus que doublé, passant d'environ 3 milliards de dollars en 2024 à près de 7 milliards aujourd'hui, selon Ablakwa.
Si la candidature aboutit, le Ghana rejoindrait un club où l'Afrique est encore peu représentée : l'Afrique du Sud y siège depuis 2009, l'Égypte et l'Éthiopie ont rejoint le groupe lors de l'élargissement récent, aux côtés de l'Iran, de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de l'Indonésie, rappelle Africanews.
Rien n'est acquis. Ablakwa lui-même parle de « petits pas » : il faut d'abord transmettre la demande formelle, puis convaincre les membres actuels, sans calendrier annoncé. Et l'adhésion ne vaudra que ce qu'en fera Accra : les BRICS offrent des financements et un poids diplomatique, pas une garantie d'usines, d'emplois ni de valeur ajoutée locale.
Pour les citoyens ghanéens, le vrai test viendra plus tard : savoir si cette diplomatie de diversification se traduit par un cacao transformé à Tema plutôt qu'à Amsterdam, et par de l'or raffiné au Ghana plutôt qu'ailleurs.
À lire aussi
Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone
Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.





