Burkina Faso : RAFFINOR-BF, première raffinerie d'or du pays, entre en service à Ouagadougou

Le Burkina Faso dispose désormais de sa première raffinerie d'or. Le président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, a inauguré RAFFINOR-BF à Ouagadougou le 28 septembre 2026, près de trois ans après la pose de la première pierre, le 18 novembre 2023. L'usine met fin à une situation ancienne : premier producteur d'or d'Afrique de l'Ouest avec plus de 94 tonnes estimées en 2025, le pays expédiait jusqu'ici son métal brut pour le faire affiner ailleurs, selon le quotidien national Sidwaya.
La capacité annoncée est de 164 tonnes par an pour la première phase, avec un objectif de 515 tonnes à terme. L'investissement dépasse 11 milliards de francs CFA, soit un peu plus de 19 millions de dollars. Le capital est détenu par l'État burkinabè, via la Société nationale des substances précieuses (SONASP), aux côtés d'investisseurs privés. L'or produit atteindrait une pureté de 99,99 %, le standard « Good Delivery » reconnu sur les marchés internationaux.
Plus de 100 emplois directs
La raffinerie revendique plus de 100 emplois directs et environ 5 000 emplois indirects, selon Sidwaya. Au-delà des chiffres, l'objectif affiché par les autorités est de reprendre la main sur une filière largement informelle : encadrer l'orpaillage artisanal, réduire la contrebande et retenir au Burkina une part de la valeur qui s'évaporait jusqu'ici à l'export. Les autorités établissent par ailleurs un lien entre le commerce illicite de l'or et le financement de groupes armés dans la région.
« Aujourd'hui, nous brisons ce maillon de la dépendance », a déclaré le ministre de l'Énergie et des Mines, Yacouba Zabré Gouba, cité par Sidwaya. Le capitaine Traoré a résumé l'ambition : « Nous voulons affiner tous nos métaux sur place. » Le directeur général de RAFFINOR-BF est Adama Sawadogo.
Un mouvement qui dépasse Ouagadougou
Le Burkina n'est pas seul sur cette voie. La Guinée vient d'imposer que l'or exporté soit préalablement raffiné sur son sol, et plusieurs États du continent cherchent à transformer davantage leurs ressources avant de les vendre. C'est le cœur d'un débat ancien : l'Afrique fournit des matières premières et achète des produits finis, un schéma hérité de l'économie coloniale que la transformation locale entend précisément défaire.
Reste à mesurer les résultats. Une capacité installée n'est pas une production effective, et la réussite de RAFFINOR-BF dépendra de sa capacité à capter l'or des sites artisanaux, à écouler sa production sur des marchés exigeants et à tenir ses coûts. Les volumes réellement raffinés au cours des prochains mois constitueront le premier test.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.