Burundi : la justice numérique bute sur un pays connecté à 11 %

La justice burundaise veut passer au numérique : archives dématérialisées, dépôt de plaintes en ligne, suivi électronique des dossiers pénaux. Le projet « E-Justice » a déjà numérisé 15 000 dossiers et installé 16 bibliothèques juridiques virtuelles lors de sa phase pilote, rapporte Afrique IT News le 6 octobre 2026. Son extension à tout le pays, elle, est bloquée par un obstacle très matériel : le réseau.
À la fin de l'année 2025, le taux de pénétration d'Internet au Burundi s'établissait à 11,1 %, selon les données citées par Afrique IT News. Autrement dit, près de neuf Burundais sur dix restent hors ligne. La couverture 4G atteint 32,2 % du territoire, et un gigaoctet de données coûte l'équivalent de 10,4 % du revenu national brut par habitant.
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Ce dernier chiffre est le plus parlant. Dans un pays où se connecter une seule fois avec un gigaoctet représente un dixième du revenu annuel moyen, demander à un justiciable de déposer sa plainte en ligne équivaut à lui fermer la porte. Le constat vaut aussi à l'intérieur des tribunaux : Afrique IT News relève que les magistrats ne disposent pas d'assez d'ordinateurs personnels pour faire fonctionner le dispositif.
Le projet n'est pas une mauvaise idée pour autant. La numérisation des archives judiciaires est, partout sur le continent, une arme contre la lenteur, les dossiers qui disparaissent et les arrangements qui prospèrent dans l'opacité des greffes. Les 15 000 dossiers déjà traités et les bibliothèques juridiques virtuelles donnent aux juges un accès aux textes que beaucoup de juridictions rurales n'avaient jamais eu.
L'ordre des priorités
Le cas burundais illustre une leçon que connaissent bien les administrations africaines : une plateforme ne vaut que ce que vaut l'infrastructure qui la porte. Les bailleurs financent volontiers des applications, plus rarement les pylônes, la fibre et l'électricité qui les rendent utilisables, ni la baisse du prix des données qui dépend des régulateurs et des opérateurs.
L'accès à la justice est un droit, et il se joue aujourd'hui autant dans les salles d'audience que dans la carte de couverture réseau. Pour que « E-Justice » profite au paysan de Cibitoke comme au commerçant de Bujumbura, c'est le coût du mégaoctet qu'il faudra faire tomber.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


