Cameroun : 66 détenus de la crise postélectorale condamnés après près d'un an sans jugement

Le tribunal militaire de Yaoundé a déclaré coupables, le 8 octobre 2026, 66 personnes arrêtées lors de la crise qui a suivi la présidentielle camerounaise du 12 octobre 2025. Ce sont les premières condamnations prononcées dans ce dossier, près d'un an après les interpellations, rapporte Journalducameroun.com.
Les chefs retenus contre les prévenus sont la propagation de fausses nouvelles, la rébellion, l'attroupement et le défaut de carte nationale d'identité. Les peines vont de six mois avec sursis à des périodes de six à quinze mois de prison ferme, selon les cas. Le tribunal n'a pas rendu public de détail individuel.
Le plus lu du momentSanté : la Zambie signe 1,5 milliard de dollars avec Washington, le Zimbabwe et le Ghana refusent →Des peines plus courtes que la détention déjà subie
Le point central du verdict tient dans un calcul de calendrier. Plusieurs condamnés ont déjà passé en cellule davantage de temps que la peine qui vient de leur être infligée : ils devraient donc sortir dans les jours qui viennent. Ceux qui ont écopé des sanctions les plus lourdes resteront quelques mois de plus. Autrement dit, des personnes aujourd'hui reconnues coupables de délits mineurs ont été privées de liberté pendant presque douze mois avant d'être entendues par un juge.
Un avocat du collectif de défense, cité par RFI, y voit « une forme de soulagement pour 66 personnes qui étaient dans l'indécision », tout en précisant que les intéressés ne sont pas satisfaits des décisions. La défense entend épuiser toutes les voies de recours, selon les déclarations de maître Ndam à la même radio.
Un contentieux loin d'être refermé
D'autres détenus de la même vague d'arrestations attendent toujours de passer devant le tribunal militaire. Leur nombre n'a pas été communiqué.
Le contexte est celui d'un scrutin dont les résultats, proclamés par le Conseil constitutionnel le 27 octobre 2025, avaient donné lieu à des manifestations dans plusieurs villes du pays. Le choix de juger des civils devant une juridiction militaire pour des faits de contestation électorale demeure l'un des points les plus discutés de ce dossier par les organisations de défense des droits humains.
Deux questions resteront à suivre : le calendrier des procès encore pendants, et le sort réservé aux appels annoncés par les avocats. Au Cameroun comme ailleurs sur le continent, le délai entre l'arrestation et le jugement est devenu l'un des marqueurs les plus concrets de l'état des libertés publiques.
À lire aussi
SociétéLe Bénin réclame 35 nouveaux biens culturels à la France, dont le dieu Gou retenu au Louvre
SociétéCancer du col de l'utérus : le Sénégal vise 25 % de mortalité en moins d'ici 2029, mais dépiste moins de 15 % des femmes
DiasporaCeuta : plus de 3 000 migrants évacués de la plage du Trampolín avant la visite du roi d'Espagne
Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone
Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


