Cameroun : dix ans après, le souvenir de la mobilisation des avocats anglophones à Bamenda

Le 6 octobre 2026 marque le dixième anniversaire d'une marche pacifique historique d'avocats à Bamenda, dans le Nord-Ouest du Cameroun. Selon un récit publié par RFI, cet événement de l'année 2016 a constitué le point de départ d'une contestation plus large des corporations anglophones. Ce mouvement social a par la suite débouché sur une crise politique et un conflit armé persistant entre les forces gouvernementales et des groupes séparatistes.
À l'origine de cette mobilisation, les professionnels du droit des régions anglophones s'inquiétaient de la perte d'influence de la « Common law », le système juridique d'inspiration britannique en vigueur dans leur zone. D'après le témoignage de l'avocat et acteur de la société civile Félix Agbor Balla, la nomination de magistrats francophones ne maîtrisant pas l'anglais ou ignorant la culture locale posait de graves difficultés pour les justiciables. De plus, l'absence de version anglaise des textes de l'Ohada sur le droit des affaires violait le principe constitutionnel du bilinguisme.
Face à ces dysfonctionnements, environ 150 avocats vêtus de leurs robes noires et de leurs perruques traditionnelles ont défilé pacifiquement à Bamenda le 6 octobre 2016. Cette manifestation s'est achevée brusquement lorsque les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Une grève générale a ensuite été décrétée, suivie d'une autre manifestation le 10 novembre 2016 à Buea, dans le Sud-Ouest, qui a été brutalement réprimée.
Cette réponse sécuritaire a rapidement catalysé d'autres revendications portées par les enseignants et les étudiants. En dépit du caractère initialement corporatiste et pacifique des protestations, l'escalade des tensions et la répression ont réveillé des aspirations fédéralistes et sécessionnistes. Dès le début de l'année 2017, le cycle des villes mortes et des affrontements a plongé les deux régions anglophones dans une instabilité durable que les acteurs de l'époque n'auraient pu imaginer.
Notre regard
Cette commémoration rappelle l'urgence de respecter la diversité culturelle et linguistique comme fondement de l'unité nationale. Pour Story Africa, la reconnaissance des spécificités historiques et le dialogue inclusif sont les seuls chemins viables pour garantir la justice, préserver les droits des citoyens et construire une paix durable au Cameroun, loin des solutions purement militaires.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.
