Cameroun : environ 70 féminicides en 2026, et toujours ni loi spécifique ni code de la famille

Le ministère camerounais de la Promotion de la femme et de la famille (MINPROFF) a recensé environ 70 femmes tuées depuis janvier 2026 pour des motifs liés à leur genre, un bilan qui a nourri des manifestations de plusieurs milliers de personnes à Douala et à Yaoundé, rapporte l'agence Associated Press le 15 octobre 2026.
La courbe officielle ne cesse de monter : au moins 50 femmes tuées en 2023, 67 en 2024, une soixantaine dix mois après le début de 2026. Devant l'Assemblée nationale, le 19 juin 2026, le MINPROFF avait fait état de 50 féminicides et de 1 599 cas de violences basées sur le genre, dont 166 viols, pour les seuls mois de janvier à avril.
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Le cas qui a cristallisé la colère est celui de Geraldine Achiah, institutrice d'une trentaine d'années, mariée en juillet 2026 et morte en septembre. Son mari, Manfred Amambua, a été inculpé de meurtre et placé en détention dans l'attente de son procès ; il nie l'avoir tuée. La famille l'accuse de l'avoir frappée à mort et les dossiers médicaux font état d'ecchymoses au visage, selon Associated Press. Son fils, Courage Abombi, 18 ans, a passé son examen d'entrée à l'université le lendemain de l'enterrement.
Un code pénal où le mot « féminicide » n'existe pas
Le code pénal camerounais réprime le viol mais ne qualifie nulle part le féminicide : les juges s'appuient sur les dispositions générales relatives à l'homicide. En 2025, un homme ayant plaidé coupable du meurtre de son épouse a été condamné à cinq ans de prison avec sursis et 52 000 FCFA d'amende, environ 90 dollars, selon la même source.
Le gouvernement prépare un texte faisant du féminicide une infraction autonome, qui doit être soumis au Parlement en novembre 2026. La ministre Marie-Thérèse Abena Ondoa décrit une situation « cruelle » et « alarmante ».
38 pays africains sur 54 ont déjà légiféré
La comparaison continentale est l'argument central des militantes. Selon la Ligue pour l'éducation de la femme et de l'enfant (LEFE), fondée par Pauline Biyong et citée par le site camerounais Camer.be, 38 des 54 pays africains disposent d'une loi spécifique contre les violences faites aux femmes et 24 d'un code des personnes et de la famille. Le Cameroun n'a ni l'un ni l'autre.
Un avant-projet de loi sur les violences basées sur le genre, fort de 64 articles, circule depuis des consultations entamées en novembre 2023. Il prévoirait une ordonnance d'éloignement délivrée en 24 heures et la gratuité de la preuve médico-légale. Les organisations demandent que la session de novembre soit celle des votes : le Cameroun doit être examiné en 2027 par le comité de l'ONU sur les discriminations à l'égard des femmes.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


