Ceuta : des milliers de mineurs seuls à la rue, l'Espagne vide le dernier camp avant la visite royale

La police espagnole, appuyée par des militaires, a évacué le dimanche 11 octobre 2026 le campement d'El Guano, dernier grand camp de migrants de l'enclave de Ceuta, deux jours avant la visite du roi Felipe VI et de la reine Letizia, rapporte Africanews. Plus de 350 agents ont été déployés sur l'esplanade où des centaines de personnes vivaient dans des abris de fortune ; les migrants ont été conduits en bus vers des centres d'enregistrement, tandis que d'autres fuyaient vers les collines voisines pour échapper au ramassage.
Des enfants de treize ans parmi des hommes adultes
Le plus lu du moment14 octobre 1999 : mort de Mwalimu Nyerere, l'homme qui fit de Dar es Salaam la base arrière des libérations africaines →Derrière l'opération de police subsiste la question que les autorités espagnoles n'ont pas tranchée depuis l'été : le sort des mineurs arrivés seuls. Ils sont des milliers, selon l'Associated Press, qui précise que les autorités elles-mêmes ignorent combien dorment dehors. L'agence décrit des enfants âgés d'à peine treize ans qui dormaient et se douchaient au milieu d'hommes adultes dans un camp de plage, d'autres cachés dans les ruelles des quartiers populaires, certains visiblement sous l'emprise de drogues.
Début octobre, des centaines d'adolescents se sont massés devant une église de Ceuta dans l'espoir d'obtenir une place en foyer ou un passage vers la péninsule. Des membres d'une association de quartier les ont conduits vers un terrain de football où la police attendait ; beaucoup étaient de retour dans les campements quelques heures plus tard. « Nos rues sont jonchées d'enfants », résume Ahmed Enfed-Dal, président d'une association de quartier, cité par l'Associated Press.
Des chiffres que personne ne confirme
L'ampleur de la crise de juillet 2026 reste disputée. Africanews évoque plus de 70 000 entrées depuis le Maroc, l'Associated Press environ 80 000 personnes ayant franchi la frontière à la nage ou en escaladant une digue. Environ 140 personnes sont mortes dans la tentative, ce qui en fait, selon l'agence américaine, l'épisode le plus meurtrier de l'histoire de cette frontière. Le ministère espagnol de l'Intérieur a d'abord affirmé que tous, sauf 2 000, étaient rentrés au Maroc, avant de réviser ce chiffre en septembre à 10 000 ; le maire de Ceuta, Juan Vivas, parle de 15 000 personnes restées sur place.
La loi espagnole garantit aux mineurs non accompagnés un hébergement, des soins et une scolarisation. Madrid a demandé à Ceuta d'examiner chaque dossier de moins de 18 ans au cas par cas et débloqué plus de 90 millions d'euros ; la ville répond qu'elle n'a pas les moyens. La ministre de la Jeunesse, Sira Rego, a déclaré à Cadena Ser que la plupart de ces jeunes veulent rester en Espagne et qu'ils y resteront. Le maire, lui, demande à l'État de trouver un moyen de les renvoyer au Maroc. Save the Children, par la voix de Jennifer Zuppiroli, réclame d'abord un registre officiel de toutes les personnes se déclarant mineures.
Des enquêtes pour mauvais traitements
Le parquet espagnol enquête sur des signalements de torture et de mauvais traitements de migrants, mineurs compris, indique l'Associated Press. En septembre 2026, Amnesty International a publié un rapport dénonçant des traitements cruels, inhumains ou dégradants imputés à des militaires espagnols, des conditions dangereuses pour les enfants et des allégations d'abus sexuels sur des jeunes filles. Le 3 août, un garçon de douze ans escorté vers la frontière n'a été arrêté qu'à quelques mètres de celle-ci, après que des habitants et des journalistes ont signalé qu'il était mineur.
L'eurodéputée Estrella Galán, du groupe The Left, qui s'est rendue sur place, estime que des enfants qui devraient être sous protection et sous tutelle vivent des situations de « grave détresse ». Le représentant du gouvernement espagnol à Ceuta a démissionné après la crise.
Le couple royal doit se rendre à Melilla le 14 octobre 2026. Ce sera la première visite d'un monarque espagnol dans ces deux territoires depuis 2007 : une mise en scène de la souveraineté espagnole aux portes de l'Afrique, pendant que des enfants attendent, à quelques rues de là, qu'un État se souvienne qu'il en a la charge.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


