Chagos : Londres gèle les paiements et réexamine l'accord, Maurice attend toujours sa souveraineté

Seize mois après sa signature, le traité qui doit restituer l'archipel des Chagos à Maurice reste lettre morte. Conclu avec le Royaume-Uni le 22 mai 2025, il n'est ni ratifié par le Parlement britannique ni financé : Londres a gelé les versements prévus à Maurice et réexamine le texte, selon ION News et Al Jazeera.
Le 26 septembre 2026, devant la 81e Assemblée générale des Nations unies, le ministre mauricien des Affaires étrangères Dhananjay Ramful a tenu à rappeler la position de son pays : « J'en viens maintenant à une question qui, pour Maurice, est non négociable. Elle concerne notre souveraineté sur les îles Chagos », a-t-il déclaré, d'après ION News.
Un accord suspendu à Washington
Le blocage ne vient pas de Port-Louis. Le secrétaire britannique à la Défense Wes Streeting a confirmé à la BBC que l'accord « ne peut aller de l'avant sans le soutien américain » et que les paiements étaient suspendus, rapporte ION News. Le président américain Donald Trump a publiquement critiqué le traité, qualifié en janvier 2026 d'« acte d'une grande stupidité », selon Al Jazeera. Le Parlement britannique n'avait pas adopté la loi d'application en avril 2026.
Lors d'un échange téléphonique du 21 septembre 2026, le premier ministre mauricien Navin Ramgoolam et son homologue britannique Andy Burnham ont évoqué la volonté de clore « cet épisode douloureux pour les Chagossiens », selon le communiqué de Port-Louis cité par ION News. Deux jours plus tard, Londres parlait plutôt d'une « voie à suivre » que de ratification.
Soixante ans d'injustice
Le dossier est un cas d'école de décolonisation inachevée. En 1965, la Grande-Bretagne détache les Chagos de Maurice, alors colonie, avant son indépendance. Entre 1968 et 1973, de 1 400 à 1 700 Chagossiens sont déportés pour laisser place à la base militaire américaine de Diego Garcia, rappelle Al Jazeera. En 2019, la Cour internationale de justice a estimé que le maintien britannique était illicite ; le Tribunal international du droit de la mer a conforté Maurice en 2021.
Le traité prévoit la souveraineté mauricienne sur l'archipel, un bail de 99 ans pour Londres sur Diego Garcia et une réinstallation possible sur les autres îles. Pour les Chagossiens, le temps est devenu la variable décisive. « Nous vieillissons, et nous avons perdu plusieurs anciens chagossiens cette seule année », a déclaré le militant Olivier Bancoult, cité par Al Jazeera.
Ce qui vient ensuite
Maurice réclame la ratification et écarte toute renégociation, quand Londres attend un feu vert américain. Entre les deux, une population déportée il y a plus d'un demi-siècle attend encore la reconnaissance d'un droit déjà établi par les plus hautes juridictions internationales.
Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone
Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.

