Chagos : Ramgoolam reçu à Londres, Maurice refuse d'attendre indéfiniment la ratification

Le Premier ministre mauricien Navin Ramgoolam a rencontré le 5 octobre 2026 à Londres l'émissaire britannique Jonathan Powell, rapporte L'Express de Port-Louis. Le Royaume-Uni dit privilégier la voie diplomatique pour débloquer la ratification du traité sur l'archipel des Chagos, bloquée depuis plus d'un an par des considérations stratégiques américaines autour de la base de Diego Garcia.
Un traité signé, jamais entré en vigueur
Le texte a été signé le 22 mai 2025 et déposé le même jour devant le Parlement britannique. La période d'examen parlementaire de vingt et un jours prévue par la procédure CRAG s'est achevée le 3 juillet 2025 sans opposition, selon la bibliothèque de la Chambre des communes. Mais la ratification reste suspendue à l'adoption d'une loi de mise en œuvre, le Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill. Maurice doit de son côté achever ses propres procédures internes.
Quatre-vingt-dix-neuf ans pour Diego Garcia
Le traité reconnaît la souveraineté mauricienne sur l'archipel tout en concédant Diego Garcia pour une durée initiale de quatre-vingt-dix-neuf ans, prolongeable de quarante années supplémentaires par accord mutuel. Le Royaume-Uni versera 101 millions de livres par an, aux prix de 2025-2026, soit environ 3,4 milliards de livres sur l'ensemble de la période, un chiffrage vérifié par le département actuariel du gouvernement britannique.
Le retour des Chagossiens, sauf sur l'île principale
Le texte autorise Maurice à organiser la réinstallation des Chagossiens sur toutes les îles de l'archipel, à l'exception de Diego Garcia, et prévoit la création d'une aire marine protégée avec un appui britannique. Pour les familles déportées lors de l'installation de la base militaire, c'est une reconnaissance partielle : le droit de revenir existe sur le papier, mais pas là où se trouvent les maisons, l'église et le cimetière de leurs aînés. Le dossier reste un cas d'école de décolonisation inachevée, où le sort des habitants est traité après celui des intérêts militaires.
Washington en travers de la route
L'administration Trump s'est publiquement opposée à l'accord, note L'Express. C'est ce blocage que Londres cherche à contourner sans rouvrir le texte. Maurice se dit prête au dialogue, mais considère sa souveraineté comme non négociable et prévient qu'elle « ne compte pas attendre indéfiniment ».
La suite se jouera donc au Parlement britannique, où le calendrier de la loi de mise en œuvre n'est pas fixé. Pour Port-Louis, chaque mois de retard affaiblit un acquis obtenu après des décennies de procédures internationales — et chaque mois de retard prolonge l'exil des Chagossiens.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.

