Côte d'Ivoire : 74 000 femmes vivent avec une fistule obstétricale, l'objectif d'élimination fixé à 2030

Environ 74 000 femmes en âge de procréer vivent avec une fistule obstétricale en Côte d'Ivoire, soit près de 1 % de cette population, selon les chiffres présentés le 5 octobre 2026 à l'ouverture d'un atelier bilan du programme national de lutte contre cette pathologie, à l'hôtel Suprême de Grand-Bassam. La rencontre, organisée avec le Bureau national de la CEDEAO en Côte d'Ivoire et prévue sur deux jours, a surtout servi à lancer un appel aux partenaires techniques et financiers, d'après Fratmat.info.
La fistule obstétricale est une communication anormale qui se forme entre le vagin et la vessie ou le rectum après un accouchement trop long resté sans césarienne. Elle provoque une incontinence permanente. Ses causes ne sont pas mystérieuses : elles tiennent à la distance qui sépare une femme d'un bloc opératoire, au manque de personnel qualifié et à la précocité des grossesses. Autrement dit, c'est une maladie de l'inégalité d'accès aux soins, pas une fatalité biologique.
Des résultats réels mais très en deçà des besoins
Le bilan présenté reste modeste au regard des 74 000 cas estimés : 60 femmes prises en charge en 2025 et 150 femmes réparées grâce aux caravanes chirurgicales de la même année, selon Fratmat.info. Le centre de Logoualé (Cecaref), dans l'ouest du pays, figure parmi les structures spécialisées mobilisées. La ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfant, Nassénéba Touré, a fixé l'horizon : qu'à l'échéance de 2030, aucune jeune fille ivoirienne ne reste enfermée dans la honte, et que chaque naissance soit une fête et « jamais une condamnation », selon le même média.
Le programme s'appuie sur un réseau de partenaires : la CEDEAO, l'Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), la coopération sud-coréenne (KOICA) et l'ONG Génération Femmes du 3e Millénaire. La ministre déléguée chargée de l'Intégration africaine, Adama Dosso, ainsi que la Dr Honorine Véhi Touré, pionnière de la prise en charge de la fistule dans le pays, ont pris part aux travaux.
Le vrai enjeu : la honte et le silence
Au-delà de la chirurgie, la fistule obstétricale est d'abord une peine sociale. Les femmes concernées sont fréquemment répudiées, écartées des espaces collectifs, et beaucoup ne savent pas qu'une opération peut les guérir. C'est pourquoi la mobilisation annoncée à Grand-Bassam ne vaudra que si elle finance aussi le repérage dans les villages et la réinsertion après l'opération. Le chiffre à surveiller n'est pas le nombre de déclarations d'intention, mais celui des femmes réellement opérées en 2026 et 2027.
Les conclusions de l'atelier, qui se tenait les 5 et 6 octobre 2026, doivent préciser le volume de financement attendu des partenaires.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.

