Coton : l'Afrique en exporte jusqu'à 81 % à l'état brut et perd 7,6 milliards de dollars dans le textile

L'Afrique produisait environ 7,5 % du coton mondial en 2022, mais en exporte l'essentiel sans l'avoir transformé : 70 % des exportations se font à l'état brut selon la CNUCED, et jusqu'à 81 % pour l'Afrique subsaharienne d'après une estimation du Comité consultatif international du coton reprise par l'UNESCO. Ce décalage est au cœur d'une tribune publiée le 7 octobre 2026 sur AllAfrica par l'analyste Daniel T. Makokera, à l'approche de la Journée mondiale du coton.
Le résultat se lit dans la balance commerciale. Le continent a exporté pour 15,5 milliards de dollars de textile et en a importé pour 23,1 milliards, soit un déficit de 7,6 milliards, selon les données UNESCO issues de la base WITS de la Banque mondiale. Autrement dit : l'Afrique vend la fibre et rachète le vêtement.
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Le coton est une culture de rente majeure dans 37 des 54 pays africains et fait vivre environ 3,5 millions d'agriculteurs, dont 17 % seulement de femmes, rapporte la même tribune. Dans les usines d'habillement du continent, le rapport s'inverse : les femmes forment 70 à 90 % de la main-d'œuvre formelle. La filière est donc à la fois une affaire de terres et une affaire d'emploi féminin industriel.
La Banque africaine de développement estime que la maîtrise complète de la chaîne de valeur du coton — égrenage, filature, tissage, confection, marque — pourrait multiplier par sept la valeur économique créée, soit une hausse de 600 %.
Le précédent béninois
Le Bénin, où le coton pèse environ 12 à 13 % de l'économie, est cité comme démonstration. La Zone industrielle de Glo-Djigbé transforme désormais sur place près de 30 % du coton béninois et sort 7 à 10 millions de vêtements finis par an. Son directeur général adjoint, Faki Adje, avance un objectif de 300 000 emplois industriels formels d'ici 2030 — une ambition affichée, non un résultat acquis.
Le débouché existe déjà sur le continent : les ventes de vêtements et de chaussures en Afrique subsaharienne approchaient 31 milliards de dollars en 2020, et la part d'acheteurs actifs en ligne est passée de 13 % en 2017 à 28 % en 2021, soit quelque 334 millions d'utilisateurs. Mais le commerce intra-africain de textile plafonne à 2,7 milliards de dollars, environ 8 % des importations continentales. La ZLECAf devrait le relever d'environ 11 %, un effet freiné par la lenteur aux frontières, des normes incompatibles et des coûts de transport élevés.
D'où la proposition de l'auteur : faire de la Journée mondiale du coton un « audit industriel annuel » plutôt qu'une célébration, en mesurant chaque année la part de coton transformée localement, le taux d'utilisation des usines, la prévisibilité du revenu des paysans et la place des femmes dans la filière. Le champ de coton, écrit-il en substance, doit être le début d'une histoire industrielle, non la fin d'une histoire d'exportation.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.





