Dafroza Gauthier, trente ans à traquer les génocidaires rwandais réfugiés en France, est morte à 72 ans

Story Africa·5 octobre 2026·2 min de lecture
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Dafroza Mukarumongi Gauthier est morte le samedi 3 octobre 2026 à Reims, dans le nord-est de la France, à l'âge de 72 ans. Son mari Alain Gauthier a confirmé le décès à l'AFP le lendemain. Franco-rwandaise, elle avait consacré trois décennies à faire comparaître devant la justice française des personnes soupçonnées d'avoir participé au génocide des Tutsi de 1994.

Une rescapée devenue enquêtrice

Née en 1954 dans le sud du Rwanda, à Astrida, l'actuelle Butare, ingénieure chimiste de formation, Dafroza Gauthier a perdu sa mère et une grande partie de sa famille maternelle dans les massacres de 1994. Son père avait déjà été tué lors des tueries de 1963. Avec Alain Gauthier, enseignant qu'elle avait rencontré au Rwanda dans les années 1970, elle commence dès 1996 à recueillir les témoignages de rescapés, village par village.

Le couple formalise ce travail en novembre 2001 en créant le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR). Son principe est simple et redoutablement exigeant : constituer des dossiers assez solides pour que la justice française ne puisse plus détourner le regard de suspects installés sur son territoire, parfois depuis des décennies.

Sept condamnations définitives

Le CPCR est à l'origine d'une trentaine de plaintes déposées en France. Sept hommes mis en cause dans le génocide des Tutsi ont été définitivement condamnés par la justice française, selon le décompte repris par plusieurs médias au moment de son décès. Le premier procès, celui de l'ancien capitaine Pascal Simbikangwa, s'est tenu en février 2014, vingt ans après les faits. D'autres ont suivi, jusqu'à celui du médecin Eugène Rwamucyo, condamné à 27 ans de réclusion en octobre 2024.

Ce travail s'est fait avec des moyens dérisoires, largement bénévoles, et contre une lenteur judiciaire que le couple n'a jamais cessé de dénoncer. Le président rwandais Paul Kagame lui avait décerné en novembre 2017 l'Ordre national de l'amitié exceptionnelle.

Ce que laisse ce combat

La disparition de Dafroza Gauthier intervient alors que plusieurs dossiers restent ouverts et que des suspects n'ont jamais été jugés. Le gouvernement rwandais a salué son engagement, selon le quotidien The New Times.

Son parcours dit quelque chose de la diaspora africaine : des citoyens installés loin du continent qui, sans mandat officiel ni moyens d'État, obligent les institutions de leur pays d'accueil à appliquer leur propre droit. La lutte contre l'impunité ne s'est pas jouée seulement à Arusha ou à Kigali ; elle s'est aussi menée depuis un pavillon de Reims, dossier après dossier.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.