Droits humains : la CADHP ouvre sa 89e session à Dakar, 1 400 délégués et le Sahel au cœur des alertes

La Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP) ouvre le lundi 12 octobre 2026 à Dakar sa 89e session ordinaire, qui doit se poursuivre jusqu'au 21 octobre. Selon Afrique sur 7, les travaux se tiennent au Palais des congrès King Fahd, sous le patronage du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, et plus de 1 400 délégués sont attendus. L'Agence de presse sénégalaise, relayée par Senegal7, indique que la session publique doit examiner la situation des droits humains sur le continent, les rapports des États et la coopération avec les institutions nationales et la société civile.
Quarante ans après l'entrée en vigueur de la Charte
Le plus lu du moment14 octobre 1999 : mort de Mwalimu Nyerere, l'homme qui fit de Dar es Salaam la base arrière des libérations africaines →L'institution, d'ordinaire basée à Banjul, en Gambie, a été invitée par le Sénégal : ses onze commissaires, présidés par le juge Idrissa Sow, siègent devant des délégations venues des 54 États parties à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples. Le choix de Dakar n'est pas neutre. Adoptée à Nairobi en 1981, la Charte est entrée en vigueur le 21 octobre 1986, date devenue Journée africaine des droits de l'homme : 2026 marque donc ses quarante ans. C'est à Dakar, en 1979, que le juriste sénégalais Kéba Mbaye avait présidé le comité d'experts chargé d'en rédiger l'avant-projet. Quatre rapports d'États doivent être examinés en public, sans que les pays concernés aient été rendus publics.
Le Sahel, premier dossier sur la table
À la veille de l'ouverture, plus de 200 acteurs de la société civile africaine se sont réunis en forum, selon RFI. Leurs alertes ont porté sur les trois pays de l'Alliance des États du Sahel : Burkina Faso, Mali et Niger. Présidente de l'observatoire Kisal, la Burkinabè Bineta Sidibé-Gascon y a décrit une répression d'une violence inédite contre les défenseurs des droits humains et affirme à RFI que les disparitions forcées constituent le principal mode opératoire des juntes au pouvoir. Elle demande à l'Union africaine davantage de fermeté et à la Commission d'envoyer des commissaires vérifier les faits sur le terrain. Un défenseur s'exprimant anonymement, par crainte de représailles, estime que la presse indépendante a quasiment disparu dans ces trois pays et cite 21 journalistes contraints à l'exil. Les autorités nigériennes ont par ailleurs reconnu récemment détenir le journaliste Moussa Kaka, longtemps resté sans contact avec les siens.
Une institution sans pouvoir de contrainte
La CADHP ne rend pas de jugements contraignants : elle adopte des résolutions, des observations finales sur les rapports des États et des décisions sur les plaintes, appelées communications, que peuvent déposer particuliers et ONG. Leur mise en œuvre dépend de la bonne volonté des gouvernements. C'est tout l'enjeu de ces dix jours à Dakar : mesurer ce que vaut, quarante ans après, un mécanisme de protection des droits que les Africains eux-mêmes ont conçu.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


