Égypte : toute la rédaction du média Matsadaash arrêtée, 34 organisations réclament sa libération

Les six journalistes qui composaient la rédaction de Matsadaash, plateforme égyptienne d'investigation et de vérification des faits, ont été arrêtés par les forces de sécurité entre le 28 et le 29 septembre 2026, rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Il s'agit, selon l'organisation, de l'atteinte la plus lourde portée à un média indépendant égyptien depuis des années : c'est une salle de rédaction entière qui a disparu en quarante-huit heures.
Le CPJ identifie les six journalistes : Mohamed Ashraf Abou Emeira, rédacteur en chef, interpellé à son domicile, puis Abdallah Qadry, Islam Barakat, Omar Helal, Mohamed Mahmoud et Mohamed Adel, ces deux derniers arrêtés à l'aube au Caire.
Les accusations des autorités
Le 2 octobre 2026, le ministère égyptien de l'Intérieur a présenté Matsadaash comme une plateforme non autorisée, pilotée depuis l'étranger, et l'a accusée de chercher à déstabiliser le pays par la désinformation. Les autorités la relient aux Frères musulmans, organisation classée terroriste par Le Caire depuis 2013. Aucune preuve publique n'a été produite à l'appui de ce lien, selon les organisations de défense de la presse.
Le fondateur du média, Abdelrahman Mansour, rejette ces accusations et affirme que sa plateforme n'a aucune affiliation avec les Frères musulmans. Créé en 2018, Matsadaash — « Ne le crois pas », en arabe égyptien — s'était spécialisé dans la vérification des déclarations publiques et des informations circulant en ligne. Les journalistes détenus bénéficient de la présomption d'innocence et aucune procédure judiciaire n'a abouti à ce stade.
Sit-in au Caire et appel international
Des dizaines de journalistes égyptiens ont organisé un sit-in au Caire pour exiger la libération de leurs confrères. Un appel international signé par 34 organisations, parmi lesquelles Reporters sans frontières, le CPJ, Human Rights Watch et l'Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), réclame la révélation des lieux de détention et l'accès des détenus à leurs familles et à des avocats.
« L'arrestation et la disparition apparente de six journalistes d'une même rédaction », a déclaré Sara Qudah, directrice régionale du CPJ, constituent une escalade grave. Selon RSF, l'Égypte occupe la 169e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse 2026, et entre 24 et 26 journalistes y sont actuellement détenus pour leur activité professionnelle, selon les comptages des différentes organisations.
Le dossier Matsadaash pose une question qui dépasse l'Égypte : dans plusieurs pays du continent, la lutte contre la désinformation sert d'argument pour réduire au silence ceux dont le métier est précisément de vérifier les faits. Défendre les droits des Africains, c'est aussi défendre leur droit à une information indépendante.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.