El-Alamein : 85 % des transactions du privé africain se font avec des entreprises hors du continent

Story Africa·4 octobre 2026·2 min de lecture
Partager WhatsApp FacebookXTelegram
El-Alamein : 85 % des transactions du privé africain se font avec des entreprises hors du continent
Photo : Moheen Reeyad · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

Un chiffre a dominé les débats du forum Alamein Africa, ouvert pour trois jours à partir du samedi 3 octobre 2026 dans la ville méditerranéenne d'El-Alamein, en Égypte : environ 85 % des transactions du secteur privé africain se concluent avec des entreprises situées hors du continent. La donnée a été avancée par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi devant plus de vingt chefs d'État et représentants de gouvernements, selon Africanews.

Le paradoxe est brutal. Le secteur privé africain génère plus de 70 % du produit intérieur brut du continent, mais il commerce d'abord avec l'extérieur. Le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a résumé le sentiment général en estimant que « l'Afrique peut faire bien mieux ».

220 milliards de dollars, et un plafond de verre

Les chiffres cités au forum situent le commerce intra-africain à 220 milliards de dollars en 2024, soit 14,4 % des échanges totaux du continent. La dynamique existe : après une contraction de 5,9 % en 2023, les échanges entre pays africains ont rebondi de 12,4 % en 2024. Mais la part reste très loin des niveaux observés en Europe ou en Asie, où le commerce régional constitue l'essentiel des flux.

Cette structure n'est pas un accident. Elle est l'héritage d'économies bâties pour exporter des matières premières vers les anciennes métropoles plutôt que pour se vendre les unes aux autres : corridors routiers et ferroviaires orientés vers les ports, tarifs douaniers encore élevés entre voisins, systèmes de paiement qui transitent par des devises et des banques étrangères, et un financement du commerce que les PME africaines paient plus cher que leurs concurrentes.

Mobiliser l'épargne du continent

Le mot d'ordre répété à El-Alamein a été de « libérer » le capital africain, c'est-à-dire d'orienter davantage l'épargne, les fonds de pension et les banques du continent vers les infrastructures et les entreprises africaines, au lieu d'attendre des capitaux extérieurs. Le forum, organisé sous mandat de l'Union africaine pour sa première édition et conçu pour revenir tous les deux ans, a mis à son ordre du jour les infrastructures, le commerce, l'agriculture, la santé, les mines, la technologie et les énergies renouvelables.

L'Égypte s'est posée en exemple, mettant en avant quelque 14 milliards de dollars d'investissements égyptiens en Afrique, dont le chantier hydroélectrique Julius Nyerere en Tanzanie, évalué à 3 milliards de dollars.

L'épreuve des faits

Ces constats ne sont pas nouveaux : la Zone de libre-échange continentale africaine a précisément été conçue pour faire tomber ces barrières. L'enjeu des prochains mois est donc moins déclaratif que pratique : lever les obstacles douaniers, financer les chaînons manquants de transport et de paiement, et faire en sorte que les entreprises africaines se trouvent entre elles. Le prochain rendez-vous d'El-Alamein, dans deux ans, permettra de mesurer si l'aiguille des 14,4 % a bougé.

Cet article t'a plu ? Fais-le tourner.

Partager WhatsApp FacebookXTelegram

Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone

Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.