Éthiopie-Érythrée : Addis-Abeba dénonce une « invasion totale », Asmara accuse Abiy de viser le port d'Assab

Story Africa·9 octobre 2026·2 min de lecture
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L'Éthiopie et l'Érythrée se sont mutuellement accusées, le 9 octobre 2026, d'avoir déclenché la guerre qui embrase de nouveau le nord de la Corne de l'Afrique. Dans une lettre datée du 8 octobre et rendue publique le lendemain, le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Gedion Timothewos, dénonce une « invasion totale » de son territoire et invoque le droit de son pays à la légitime défense, rapporte Al Jazeera.

Le courrier, adressé au chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot et présenté comme un message au Conseil de sécurité des Nations unies, affirme que les troupes érythréennes ont progressé jusqu'à 60 kilomètres à l'intérieur de la région du Tigré. Addis-Abeba exige leur retrait et reproche à Asmara de soutenir le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), ce que l'Érythrée nie.

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Deux récits inconciliables

Côté érythréen, le ministre de l'Information Yemane Gebremeskel a répliqué sur X en évoquant une guerre d'agression menée depuis plus de trois ans par le gouvernement éthiopien. Il assure qu'Asmara a fait preuve de retenue et accuse le Premier ministre Abiy Ahmed de chercher à s'emparer du port érythréen d'Assab pour redonner à son pays enclavé un accès à la mer Rouge.

La séquence militaire s'est accélérée en quelques jours. Selon les éléments rassemblés par Al Jazeera, l'offensive lancée fin septembre par le TPLF, membre d'une alliance de sept groupes armés hostiles à Abiy Ahmed, a été suivie le 1er octobre d'une rupture diplomatique : l'Éthiopie a fermé son ambassade à Asmara et expulsé dix diplomates érythréens, avant que l'Érythrée ne rompe à son tour ses liens.

Les forces fédérales ont repris Mekelle, capitale du Tigré, le 4 octobre. Le 7 octobre, des témoins ont signalé la présence de soldats érythréens à Adigrat, avant des frappes de drones éthiopiens. Dans la semaine du 8 octobre, des témoins cités par l'AFP ont indiqué que les rebelles avaient perdu les villes de Shire et d'Adigrat, tandis que la police fédérale patrouillait à Mekelle.

Une rivalité de trois décennies

L'Érythrée a obtenu son indépendance de l'Éthiopie en 1993, avant une guerre frontalière de deux ans ouverte en 1998. L'arrivée au pouvoir d'Abiy Ahmed en 2018 avait brièvement rapproché les deux capitales, au point qu'Asmara combatte aux côtés d'Addis-Abeba contre le TPLF de 2020 à 2022. Mais l'Érythrée n'a pas été partie à l'accord de paix qui a clos ce conflit, et la relation s'est dégradée depuis.

Aucun bilan humain n'est communiqué à ce stade par les deux gouvernements. Le sort de millions de Tigréens, déjà éprouvés par la guerre de 2020-2022, dépend de la capacité des institutions africaines et du Conseil de sécurité à imposer une désescalade entre deux armées qui se disent chacune agressée.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.