Éthiopie : The Reporter, dernier grand journal privé en amharique, suspendu sans limite de durée
Actualité

Éthiopie : The Reporter, dernier grand journal privé en amharique, suspendu sans limite de durée

5 novembre 2026 · 2 min de lecture

LireVoirFeuilleter

En 30 secondes

  • L'Autorité éthiopienne des médias a annoncé le 2 novembre 2026 la suspension indéfinie des licences papier et en ligne du titre, accusé de publier des contenus contraires aux « intérêts nationaux ».

L'Autorité éthiopienne des médias a annoncé le 2 novembre 2026, dans une publication sur Facebook, la suspension indéfinie des licences papier et en ligne du journal The Reporter, avec effet immédiat, rapporte Human Rights Watch (HRW) dans un texte publié le 3 novembre 2026.

L'organisation précise que l'autorité reproche au journal d'avoir enfreint les lois du pays et l'éthique des médias en publiant à plusieurs reprises des contenus contraires aux « intérêts nationaux », ainsi que des contenus qu'elle juge « déformés » et nuisibles aux investissements étrangers, au tourisme et à la diplomatie. Aucun texte de loi précis n'est cité et aucune durée n'est fixée.

Un titre parmi les plus anciens du pays

The Reporter paraît en anglais et en amharique. HRW le décrit comme l'une des plus anciennes institutions médiatiques d'Éthiopie et le dernier journal privé du pays publié en amharique. Quelques jours avant la décision, sa rédaction avait publié un éditorial estimant traverser l'une des périodes les plus précaires de son histoire.

Deux journalistes détenus en octobre

En octobre 2026, deux journalistes, Samuel Getachew et Amanuel Gebremedhin, ont été interpellés par des policiers en civil et poursuivis pour avoir publié des informations susceptibles de provoquer des troubles à Addis-Abeba, selon HRW, qui indique qu'ils ont passé huit jours en détention. Des journalistes de The Reporter ont également été arrêtés, sans que l'organisation donne de chiffre.

Depuis 2025, les autorités éthiopiennes ont interdit de nombreux médias et expulsé des correspondants étrangers, affirme HRW. Pour Laetitia Bader, directrice pour la Corne de l'Afrique au sein de l'organisation, le recours à la notion d'« intérêts nationaux » traduit l'usage croissant de motifs vagues pour faire taire les reportages critiques.

Ce que perdent d'abord les lecteurs éthiopiens

Fermer un titre lu en amharique, c'est priver en premier lieu les Éthiopiens d'une source d'information dans leur propre langue : la liberté de la presse ne se mesure pas seulement au nombre de journalistes en prison, mais à ce qu'un lecteur peut encore trouver chez son vendeur de journaux. HRW demande au gouvernement de lever l'interdiction et de mettre fin aux attaques contre les médias.

Aucun responsable éthiopien n'est cité dans le texte de HRW : l'Autorité des médias s'y exprime uniquement à travers sa publication et sa déclaration. Les accusations qu'elle porte contre le journal n'ont été examinées par aucun tribunal à ce stade.

Sources et crédits photo

Photo : Mjr74 · CC BY 4.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées.

Read in English

Et toi, qu'en penses-tu ?