Éthiopie : une usine d'aluminium de 180 000 tonnes par an entre en service près d'Addis-Abeba

Le groupe chinois Xinye Special Steel a mis en service une usine d'aluminium électrolytique d'une capacité de 180 000 tonnes par an dans la zone économique spéciale de Gada, à une soixantaine de kilomètres au sud-est d'Addis-Abeba, en Éthiopie. L'entrée en exploitation a été annoncée le 28 septembre 2026 et rapportée le 2 octobre 2026 par l'Agence Ecofin.
L'usine transforme de l'alumine en aluminium par électrolyse, un procédé très gourmand en électricité, pour alimenter d'abord le marché intérieur éthiopien. Selon l'Agence Ecofin, le président de Xinye Special Steel, Xu Wenping, a présenté le projet au président de la Commission éthiopienne de l'investissement, Zeleke Temesgen. Le montant de l'investissement et le nombre d'emplois attendus n'ont pas été communiqués.
Un maillon industriel sans gisement national
La particularité du projet tient à sa matière première. L'Éthiopie ne dispose pas de réserves majeures de bauxite exploitées et ne produit pas d'alumine à l'échelle commerciale : l'intrant devra donc être importé, en passant par le port sec de Modjo, relié au corridor ferroviaire et routier Addis-Abeba–Djibouti. L'usine se positionne ainsi sur le dernier maillon de la chaîne, celui qui crée de la valeur et des emplois, mais reste dépendante des approvisionnements extérieurs.
Le calcul économique est néanmoins lisible. L'Éthiopie importe l'essentiel de l'aluminium que consomment son bâtiment, ses menuiseries métalliques et son industrie de l'emballage. Produire sur place une partie de ce volume permet de réduire la facture en devises, dans un pays qui a dû restructurer sa dette extérieure et où l'accès aux devises est contraint.
Addis-Abeba multiplie les projets métallurgiques
Le projet s'inscrit dans une stratégie plus large d'industrialisation par les zones économiques spéciales, qu'Addis-Abeba utilise depuis une décennie pour attirer des industriels asiatiques. Dans la métallurgie de l'aluminium, un protocole a été signé en novembre 2025 avec le russe Rusal pour une unité de 500 000 tonnes par an, dont la réalisation supposerait environ un milliard de dollars d'investissement sur trois à quatre ans, toujours selon l'Agence Ecofin.
Pour le continent, la question dépasse l'Éthiopie. L'Afrique exporte encore massivement ses minerais à l'état brut et réimporte les produits finis à un prix bien supérieur. Chaque usine de transformation installée sur le sol africain déplace un peu ce rapport de forces, à condition que l'énergie soit disponible, que les compétences soient transférées aux ingénieurs et ouvriers locaux, et que les retombées fiscales soient réellement perçues. Ce sont ces trois conditions qu'il faudra mesurer à Gada dans les prochaines années.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.