Expulsés des États-Unis vers l'Afrique : 1 200 places au Liberia, 400 millions de dollars promis au Cameroun

Plus de 16 000 personnes ont été expulsées des États-Unis vers des pays qui ne sont pas le leur entre janvier 2025 et août 2026, selon les données du département américain de la Sécurité intérieure transmises au Deportation Data Project des universités de Berkeley et UCLA, analysées par Al Jazeera le 15 octobre 2026. Refugees International et Human Rights First avancent un total supérieur à 25 000 personnes. Plusieurs États africains figurent parmi les destinations.
Des accords adossés à des promesses d'argent
Le plus lu du momentTrump parle d'un « pays totalement différent » : Hargeisa y voit un pas vers la reconnaissance →Le Liberia a accepté d'accueillir jusqu'à 1 200 expulsés, rapporte Al Jazeera ; Washington a en retour allongé la validité de certains visas de 12 à 36 mois et engagé 124 millions de dollars pour des services de santé. Le Cameroun reçoit des ressortissants d'États tiers depuis décembre 2025, contre 30 millions de dollars destinés au travail du HCR et 400 millions promis sur plusieurs années pour la santé. L'Eswatini, lui, a accepté de garder des expulsés en prison.
Dans un rapport de 125 pages publié le 8 octobre 2026, Human Rights Watch recense 536 personnes envoyées vers des pays africains entre le 20 janvier 2025 et le 5 août 2026, d'après les chiffres de l'agence américaine ICE, et documente des accords de « pays tiers sûr » avec le Cap-Vert, le Liberia, l'Ouganda et le Rwanda. Beaucoup de ces accords ne sont pas publics, souligne l'organisation.
Ce que décrivent les personnes expulsées
Selon les 24 témoignages recueillis par Human Rights Watch, 46 personnes sont arrivées au Cameroun sur cinq vols en septembre 2026 et ont été retenues dans des bâtiments publics à Yaoundé, avec des soins et une alimentation insuffisants. Une soixantaine ont été gardées sous surveillance armée dans un hôtel de Malabo, en Guinée équatoriale. D'autres ont été isolées à la prison de Matsapha, en Eswatini. Certaines sont restées entravées pendant des vols de plus de dix-huit heures. Un responsable américain, cité anonymement dans le rapport, résume l'objectif : « The point is to scare people », faire peur aux gens.
Une question de souveraineté africaine
Le droit américain comme la Convention contre la torture interdisent de renvoyer une personne là où elle risque la persécution. Des tribunaux américains ont jugé ces transferts illégaux, mais la Cour suprême les a autorisés à se poursuivre par une décision de septembre 2026, rappelle Al Jazeera. Des experts de l'ONU parlent d'une « cascade » de violations des droits humains.
Human Rights Watch demande aux États africains de refuser tout nouvel accord de transfert, de suspendre ceux qui existent et d'appliquer la résolution 645 de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples. La question posée aux capitales du continent est celle du prix : accepter des dollars de santé pour servir de lieu de relégation, c'est accepter que la dignité de ces personnes se négocie ailleurs qu'en Afrique.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.





