Faux médicaments : 250 tonnes saisies en zone CEMAC, un laboratoire clandestin démonté à Mbouda

Story Africa·18 octobre 2026·2 min de lecture
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Plus de 250 tonnes de produits médicaux ont été saisies entre 2020 et 2025 dans les six pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), selon un rapport de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) réalisé avec l'Organisation mondiale de la santé et la Commission de la CEMAC, dont les Dépêches de Brazzaville ont rendu compte le 17 octobre 2026.

La courbe est brutale : les saisies annuelles sont passées d'environ 5 tonnes en 2020 à 116 tonnes en 2024. Et ces chiffres ne mesurent que les produits interceptés. Les contrefaçons saisies entre 2020 et 2024 sont évaluées à près de 17 millions d'euros, un montant qui ne dit rien de la taille réelle du marché clandestin.

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Antibiotiques, vaccins, anticancéreux

Le trafic recouvre trois réalités distinctes, détaille l'ONUDC : des produits falsifiés, des médicaments importés hors des procédures réglementaires, et des médicaments authentiques volés ou détournés des structures de santé publiques. Les produits concernés ne sont pas des marchandises accessoires : antibiotiques, vaccins, certains anticancéreux, et des opioïdes pharmaceutiques comme le tramadol.

Le Cameroun est présenté comme le principal point de préoccupation. Un laboratoire clandestin a été démantelé à Mbouda, dans la région de l'Ouest : on y reconditionnait des produits périmés et on y fabriquait des préparations frauduleuses. Une partie de cette production aurait rejoint des circuits d'exportation via le port de Douala, selon le rapport.

Quand le pillage d'un dispensaire finance une guerre

C'est le volet le plus politique du rapport. En République centrafricaine, les groupes armés 3R et UPC sont décrits par l'ONUDC comme impliqués dans le pillage de structures sanitaires et la revente de médicaments sur les marchés informels, une activité qui contribuerait à financer leurs opérations. Le médicament cesse alors d'être un bien de santé pour devenir une ressource de guerre.

La demande, elle, est aussi alimentée par la dépendance. L'ONUDC cite des travaux dans lesquels 17 % des ex-combattants de Boko Haram interrogés dans le bassin du lac Tchad déclaraient consommer régulièrement des psychotropes, le tramadol en particulier, lorsqu'ils appartenaient au groupe.

Ce que les auteurs réclament

Le rapport appelle à une coopération renforcée entre services de santé, douanes, forces de sécurité, autorités judiciaires et régulateurs du médicament. Mais il pointe surtout deux leviers de souveraineté : développer une production pharmaceutique régionale, et rendre les médicaments essentiels réellement accessibles par les circuits officiels.

C'est bien là le cœur du problème. Tant qu'un antibiotique coûtera trop cher ou manquera en pharmacie, la rue restera la pharmacie des plus pauvres — et le trafic, une affaire rentable.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.