Guinée-Bissau : le général Sadji Fati écarté du palais, la junte élague les proches d'Embaló

Story Africa·16 octobre 2026·2 min de lecture
Partager WhatsApp FacebookXTelegram

Le général Horta N'Tam, chef de la junte au pouvoir en Guinée-Bissau, a limogé le lieutenant-général Sadji Fati, qui dirigeait la maison civile de la présidence à Bissau, selon un décret consulté par l'AFP et rapporté le 15 octobre 2026 par Le360 Afrique. Le texte précise que la mesure entre immédiatement en vigueur. Aucun remplaçant n'a été annoncé.

Le poste n'est pas protocolaire : la maison civile administre le palais présidentiel, côté civil comme militaire. Sadji Fati avait été ministre de la Défense puis conseiller militaire de l'ancien président Umaro Sissoco Embaló. Son départ prolonge une série de mises à l'écart des hommes de l'ancien pouvoir.

Le plus lu du momentManganèse : Paris veut devenir premier actionnaire d'Eramet, trois ans avant l'interdiction gabonaise d'exporter brut →

Une purge méthodique

Le 6 octobre 2026, le décret n° 22/2026 avait déjà démis le ministre de l'Intérieur, le général de brigade Mamasaliu Embaló, et la ministre chargée de la Pêche et de l'Économie maritime, Maria da Cruz Correia, tous deux nommés fin novembre 2025, rapporte le média sénégalais Emedia. Le maire de Bissau, Umaro Baldé, ancien responsable d'un mouvement de soutien à Umaro Sissoco Embaló, a lui aussi été démis. Des membres de la garde présidentielle, réputée loyale à l'ancien chef de l'État, ont été désarmés et placés sous le contrôle de l'état-major, selon Le360.

Le calendrier électoral en suspens

Umaro Sissoco Embaló a été renversé le 26 novembre 2025, la veille de la publication prévue des résultats provisoires de la présidentielle et des législatives, dont le processus a été suspendu. De nombreux observateurs soupçonnent l'ancien président d'avoir lui-même orchestré ce coup de force pour échapper à une défaite ; il vit aujourd'hui en exil au Maroc et la junte invoque les « conditions de sécurité » pour empêcher son retour.

La transition promet un retour au pouvoir civil par des élections présidentielle et législatives fixées au 6 décembre 2026. Mais le 8 octobre 2026, la Commission nationale électorale a estimé que les conditions n'étaient pas réunies pour les tenir, selon Le360. Le pays a connu quatre coups d'État réussis et plusieurs tentatives depuis son indépendance du Portugal en 1974.

Pour les Bissau-Guinéens, l'enjeu dépasse les noms inscrits sur les décrets. Chaque semaine gagnée par la transition est une semaine de plus sans parlement élu ni président issu des urnes, dans un État membre de la CEDEAO où l'armée a pris l'habitude d'arbitrer la vie politique. La question n'est pas de savoir qui quitte le palais, mais si le scrutin de décembre aura lieu.

Cet article t'a plu ? Fais-le tourner.

Partager WhatsApp FacebookXTelegram

Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone

Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.