Guinée-Bissau : un essai financé par Washington priverait 7 000 nouveau-nés du vaccin contre l'hépatite B

Story Africa·13 octobre 2026·3 min de lecture
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L'université du Danemark du Sud a donné son feu vert, début octobre 2026, à un essai vaccinal financé par les États-Unis qui, en Guinée-Bissau, laisserait la moitié de 14 000 nouveau-nés sans vaccin contre l'hépatite B pendant leurs six premières semaines de vie. Le doyen de la faculté des sciences de la santé, Jakob Grauslund, a confirmé la décision, rapportent Medical Daily et Africanews d'après le quotidien britannique The Guardian et le centre américain CIDRAP.

Deux groupes de 7 000 bébés

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Le protocole prévoit que 7 000 enfants reçoivent la dose à la naissance, en même temps que les vaccins contre la tuberculose et la poliomyélite, et que les 7 000 autres suivent le calendrier national bissau-guinéen, qui ne commence qu'à six semaines. L'étude est dotée de 1,6 million de dollars des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains, accordés en décembre 2025 sans l'appel d'offres habituel, selon CIDRAP. Elle est portée par Peter Aaby et Christine Stabell Benn, du Bandim Health Project, une équipe danoise implantée de longue date dans le pays, qui affirme qu'aucun enfant ne recevra moins de vaccins que ne le prévoit la politique nationale actuelle.

Ce que l'OMS appelle un préjudice irréversible

L'enjeu sanitaire est documenté. Plus de 12 % des adultes bissau-guinéens vivent avec une hépatite B chronique, selon l'Organisation mondiale de la santé. Un nourrisson contaminé à la naissance a environ 90 % de risque de devenir porteur chronique, et 15 à 25 % des porteurs chroniques meurent prématurément d'un cancer du foie ou d'une insuffisance hépatique, rappelle CIDRAP. L'OMS recommande donc une première dose dans les 24 heures suivant l'accouchement. Dans une déclaration du 16 février 2026, elle a jugé que retarder cette dose de six semaines exposerait les nouveau-nés à un préjudice « grave et potentiellement irréversible », et estimé que le manque de moyens d'un pays ne peut justifier de priver des enfants d'un soin dont l'efficacité est établie.

Un essai déjà arrêté une fois par Bissau

Cet essai avait été stoppé début 2026 après une vague de protestations de chercheurs et d'élus américains. Le ministre bissau-guinéen des Affaires étrangères, Joao Bernardo Vieira, avait alors déclaré à Reuters qu'il n'aurait pas lieu, « un point final », selon la citation reprise par CIDRAP. Un protocole révisé a toutefois été approuvé par le comité d'éthique national durant l'été 2026. L'autorisation finale du gouvernement, elle, n'a toujours pas été accordée, a précisé Jakob Grauslund : l'étude ne peut donc pas démarrer, et Bissau n'a pas dit quand elle trancherait.

Africa CDC s'oppose à l'essai. Son responsable Wessam Mankoula indique que les discussions se poursuivent entre les gouvernements américain et bissau-guinéen. Pour Colette Delawalla, fondatrice de l'organisation Stand Up for Science, citée par Medical Daily, il s'agit d'une « violation flagrante des droits humains ». Les opposants soulignent qu'un tel protocole serait impensable dans un pays riche.

Le contexte politique américain pèse sur le dossier. Fin 2025, les conseillers du responsable de la santé Robert F. Kennedy Jr. ont supprimé la recommandation universelle de la dose de naissance pour les nourrissons américains ; Christine Stabell Benn avait été consultante de ce comité fédéral, rapporte l'Associated Press, citée par Medical Daily.

La Guinée-Bissau, de son côté, prévoit d'introduire la dose à la naissance pour tous ses nouveau-nés d'ici 2028. La question posée à Bissau est donc simple : qui décide de ce qui est acceptable pour les enfants africains, et selon quelles normes.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.