Intelligence artificielle : 1 200 Kenyans utilisent les chatbots comme confidents

Selon une étude publiée par le cabinet de conseil Nendo, basé à Nairobi, les outils d'intelligence artificielle générative sont de plus en plus perçus par les Kenyans comme des espaces de confiance. Sur 1 200 personnes interrogées, 46,3 % admettent partager avec ces outils des sujets qu'ils gardent secrets vis-à-vis de leur entourage. Plus frappant encore, 72 % des répondants déclarent solliciter l'IA pour un soutien émotionnel ou pour gérer des situations personnelles.
L'enquête souligne que cette pratique est particulièrement marquée chez les jeunes adultes. Environ 81,4 % des utilisateurs âgés de 25 à 34 ans utilisent l'IA pour obtenir des conseils personnels. Ce comportement s'explique par la nature conversationnelle des interfaces, qui permettent d'aborder des crises relationnelles ou des dilemmes complexes sans crainte d'être jugé, et ce, à toute heure du jour ou de la nuit, contrairement aux interactions humaines traditionnelles.
Bien que ces outils aient été initialement conçus pour automatiser des tâches administratives ou professionnelles, la frontière entre productivité et vie privée devient poreuse. Les utilisateurs, habitués à solliciter l'IA pour rédiger des documents ou planifier des projets, prolongent naturellement ces échanges lorsqu'ils font face à des difficultés personnelles. Cette fluidité d'usage transforme l'algorithme en un interlocuteur constant et disponible.
Cependant, cette tendance soulève des questions sur la fiabilité des conseils reçus. Selon Nendo, plus de la moitié des sondés accordent une confiance élevée à l'IA pour des décisions liées à leur carrière, à la finance ou même à la santé. Si les chatbots offrent une réponse immédiate, ils ne possèdent pas l'intelligence émotionnelle nécessaire pour naviguer dans la complexité des relations humaines, exposant ainsi les utilisateurs à des risques liés à des recommandations potentiellement biaisées ou inexactes.
Notre regard
L'adoption croissante de l'IA comme confident au sein de la jeunesse kenyane témoigne d'une mutation profonde dans les rapports sociaux. Si l'innovation technologique est un levier de développement, elle ne doit pas se substituer aux solidarités humaines qui fondent nos sociétés. Pour les Africains, il est crucial de rester maîtres de ces outils afin qu'ils demeurent des leviers d'émancipation plutôt que des substituts à la richesse des échanges interpersonnels.
Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone
Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.