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Jeu vidéo : le studio éthiopien de « Rise of Fearless » lève 1 million de dollars pour son battle royale inspiré d'Adoua

4 novembre 2026 · 2 min de lecture

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  • Fondé par Kanessa Muluneh, le studio éthiopien derrière « Rise of Fearless » a annoncé le 3 novembre 2026 une levée d'un million de dollars pour porter à l'international un jeu nourri de la victoire éthiopienne de 1896.

Le studio éthiopien derrière « Rise of Fearless », un jeu mobile de battle royale dont le récit puise dans la victoire éthiopienne de 1896 à Adoua, a annoncé le mardi 3 novembre 2026 une levée de fonds d'un million de dollars auprès d'Epic Edges Capital, société d'investissement et de conseil basée à Maurice, rapportent les sites Technext et Techeconomy.

L'opération est structurée sous forme de SAFE, un accord de prise de participation différée. Jusqu'ici, le studio fondé par Kanessa Muluneh s'était développé sur ses seules ressources. Lancé en 2025 sur l'App Store d'Apple et Google Play, gratuit à l'installation, le jeu a dépassé 15 000 téléchargements, et ses communautés de joueurs les plus nombreuses se trouvent au Nigeria, en Éthiopie et en Afrique du Sud.

Adoua comme matière première

Le choix narratif n'est pas décoratif. Adoua, en 1896, est la bataille où l'armée éthiopienne a défait les troupes italiennes et préservé l'indépendance du pays, l'un des épisodes les plus cités de la mémoire panafricaine. Les personnages, les tenues, les coiffures et les décors du jeu ont été conçus pour refléter des identités africaines, soulignent les deux sites : une industrie où l'Afrique a longtemps été un marché de consommation se voit ici proposer un récit écrit depuis le continent.

Les fonds doivent servir aux mises à niveau techniques, à l'infrastructure de serveurs, aux solutions de paiement transfrontalier, au recrutement et au marketing. Le studio s'est aussi entouré de professionnels de l'industrie mondiale : Miniboss Solutions comme partenaire d'édition et de marketing, avec Adam Krause (passé par Ubisoft, 2K et Capcom) et TJ Consunji (ex-PlayStation et Krafton) ; Trick Question Studios pour la direction créative, dirigé par TQ Jefferson (ex-Marvel, Pixar, Disney) ; IDG Intelligence pour l'étude de marché, avec son président Yoshio Osaki ; et Spectra Entertainment pour la direction artistique et technique.

Un marché de 400 millions de joueurs

L'ambition s'appuie sur des chiffres de marché cités par le studio et rapportés par Technext : plus de 400 millions de joueurs sur le continent et des revenus du jeu vidéo atteignant 1,98 milliard de dollars en 2026. Une manne qui, jusqu'à présent, profite surtout à des éditeurs étrangers.

« Cet investissement est capital pour nos ambitions et l'avenir du jeu africain », a déclaré Kanessa Muluneh, qui dit vouloir porter « une franchise de jeu détenue par des Africains » vers une distribution internationale. Pour Remco Coerman, fondateur du groupe Epic Edges, le titre relève d'une propriété intellectuelle « ambitieuse, culturellement enracinée », capable selon lui de trouver un public bien au-delà de son marché d'origine.

Un million de dollars reste modeste à l'échelle d'une industrie qui engloutit des centaines de millions par production. Mais pour un studio africain parti de zéro, c'est le passage d'un jeu à une franchise — et la démonstration qu'un récit africain peut s'exporter plutôt que s'importer.

Sources et crédits photo

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