Kenya : l'armée britannique visée par des plaintes pour meurtres et viols, l'immunité en question

Story Africa·4 octobre 2026·2 min de lecture
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Une enquête publiée le 3 octobre 2026 par Al Jazeera recense des décennies de plaintes pour meurtres, viols et accidents mortels visant des militaires britanniques stationnés au Kenya, et décrit l'obstacle juridique de l'immunité qui empêche des familles kényanes d'obtenir réparation.

Le British Army Training Unit Kenya (BATUK) a été installé en 1964, quelques mois après l'indépendance. Selon Al Jazeera, il entraîne environ 10 000 soldats par an dans les comtés de Laikipia et de Samburu.

Des dossiers ouverts, puis refermés

Le cas le plus connu est celui d'Agnes Wanjiru, 21 ans et mère d'un enfant, vue pour la dernière fois en 2012 dans un hôtel de Nanyuki en compagnie de soldats britanniques. Son corps a été retrouvé deux mois plus tard dans une fosse septique. Une enquête judiciaire kényane a conclu en 2019 à un homicide illégal. En 2025, le Britannique Robert James Purkiss a été inculpé de meurtre ; il conteste son extradition devant un tribunal londonien et demeure présumé innocent.

L'enquête rappelle aussi l'opération Tasker, ouverte en mars 2003 par la police militaire royale après que plus de 2 000 femmes avaient dénoncé des viols étalés sur quatre décennies. En 2006, le ministère britannique de la Défense a annoncé n'avoir trouvé « aucune preuve fiable ». Aucune poursuite n'a suivi.

L'immunité au cœur du litige

L'accord de coopération de défense de 2015 reconnaît aux tribunaux kényans la compétence sur les infractions commises par le personnel britannique, sauf lorsqu'elles relèvent de « fonctions officielles ». Le texte exclut de cette catégorie les infractions sexuelles, la torture, l'esclavage et le vol, mais pas le meurtre. Un accord signé en 2021 a été approuvé sous condition par le Parlement kényan en 2023, qui exigeait l'ajout du meurtre : Londres a refusé, et la ratification reste en suspens.

En 2025, la commission de la défense du Parlement kényan a publié un rapport de 94 pages. BATUK a refusé de comparaître en invoquant son immunité, un refus que les députés ont qualifié de méprisant.

Une brèche ouverte par un incendie

En mars 2022, dans le dossier de l'incendie de Lolldaiga, la juge Antonina Kossy Bor a estimé que le Royaume-Uni avait renoncé à son immunité pour les plaintes civiles. En août 2025, Londres a accepté de verser 2,9 millions de livres sterling à 7 723 plaignants, environ 375 livres chacun, sans reconnaître sa responsabilité.

Interrogé par Al Jazeera, le ministère britannique de la Défense assure que BATUK coopère pleinement avec les autorités locales et nie toute collusion. L'avocat kényan Kelvin Mugambi Kubai, petit-fils du maréchal mau-mau Musa Mwariama, prépare quatre nouvelles procédures. Le sort de l'accord de 2021 dira si un soldat accusé de meurtre pourra un jour être jugé au Kenya.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.