Kenya : la Cour suprême doit dire si « Rafiki », de Wanuri Kahiu, peut enfin sortir, huit ans après son interdiction

Huit ans après sa sortie, le film « Rafiki » de la réalisatrice kényane Wanuri Kahiu attend toujours de pouvoir être diffusé normalement dans son propre pays. La Cour suprême du Kenya a examiné le dossier et doit trancher prochainement, rapporte RFI le 15 octobre 2026. Deux questions sont posées aux juges : montrer l'homosexualité à l'écran revient-il à en faire la promotion, et l'homosexualité est-elle réellement interdite par la loi kényane ?
Le long métrage, qui raconte l'histoire d'amour de deux jeunes femmes à Nairobi, avait été interdit de distribution par le Kenya Film Classification Board (KFCB), l'organisme de classification des films, au motif qu'il choquait les bonnes mœurs. En 2018, une décision de justice avait autorisé sa projection pendant une seule semaine : le film y avait battu des records d'entrées, rappelle le site Sénégal24News. Dans le même temps, « Rafiki » était présenté au Festival de Cannes et choisi pour représenter le Kenya aux Oscars.
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Devant la Cour suprême, saisie par le KFCB selon RFI, l'avocat de l'organisme, Andrew Mwango, a soutenu que laisser circuler de tels films pourrait conduire à la promotion de crimes plus graves. L'avocat de la réalisatrice, Githu Muigai, a répliqué que l'article 162 du code pénal, qui punit de quatorze ans de prison des « actes charnels contre l'ordre de la nature », est extrêmement vague et anachronique, hérité de la période coloniale, alors que la liberté d'expression est garantie par la Constitution kényane. « Montrer un braquage dans un film ne signifie pas en faire l'apologie », a-t-il résumé.
La nuance juridique compte : la loi kényane ne sanctionne pas une orientation en tant que telle, les poursuites portent sur des actes, précise RFI.
Ce que l'arrêt dira du droit de créer
Au-delà du sort d'un seul film, c'est la marge de manœuvre des cinéastes africains qui se joue. Un organisme administratif peut-il retirer une œuvre des écrans au nom de la morale, quand la Constitution protège la liberté d'expression ? La réponse de la Cour suprême fera jurisprudence pour toute une génération de réalisateurs du continent, qui tournent souvent avec des financements étrangers mais cherchent d'abord un public chez eux.
Le contexte législatif, lui, se durcit : un projet de code de la famille déposé en août devant l'Assemblée nationale prévoirait la peine de mort pour « homosexualité aggravée », selon RFI. La date de l'arrêt de la Cour suprême n'a pas été annoncée.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


