L'assassin de Chris Hani pourrait devenir député en Pologne, deux ans après son expulsion

Story Africa·13 octobre 2026·3 min de lecture
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Janusz Waluś, condamné en Afrique du Sud pour l'assassinat de Chris Hani, secrétaire général du Parti communiste sud-africain, pourrait se présenter aux élections législatives polonaises de l'automne 2027. Le quotidien polonais Rzeczpospolita a rapporté en avril 2026 que la Confédération de la Couronne polonaise (KKP), parti d'extrême droite dirigé par l'eurodéputé Grzegorz Braun, envisage de l'inscrire sur ses listes, information reprise le 12 octobre 2026 par le média sud-africain GroundUp.

Vingt-neuf ans de prison, puis un retour en Pologne

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Chris Hani, l'une des grandes figures de la lutte contre l'apartheid, a été abattu devant son domicile le 10 avril 1993, le samedi de Pâques. Waluś, immigré polonais en Afrique du Sud, est condamné à mort, peine commuée en perpétuité après l'abolition de la peine capitale. En novembre 2022, la Cour constitutionnelle sud-africaine ordonne sa libération ; il sort de prison le 7 décembre 2022, après vingt-neuf ans de détention, puis passe deux ans en liberté conditionnelle avant d'être expulsé vers la Pologne le 6 décembre 2024. Grzegorz Braun est venu l'accueillir à l'aéroport de Varsovie.

Un meurtre qu'il qualifie de « nécessaire »

Dans les entretiens accordés depuis son retour, dont un de plus de deux heures sur la chaîne Kanał Zero, Waluś a réaffirmé que le meurtre était « nécessaire », évoqué une « race blanche » qu'il juge plus apte à l'administration et qualifié Nelson Mandela de « terroriste », rapporte GroundUp. Des ultras du Legia Varsovie l'ont accueilli en héros.

Rien, dans la loi polonaise, ne bloque sa candidature

Selon Wojciech Hermeliński, ancien responsable de la commission électorale polonaise cité par Gazeta Prawna, la condamnation prononcée en Afrique du Sud ne fait pas obstacle à une candidature : la loi polonaise n'écarte que les personnes condamnées pour crime intentionnel par un tribunal polonais. Waluś n'a jamais été jugé en Pologne.

Le KKP est crédité de 7 à 11 % dans les sondages. Son chef, poursuivi à plusieurs reprises, notamment pour négationnisme de la Shoah, a terminé quatrième de la présidentielle de 2025 avec plus de 6 % des voix, avec le soutien de Waluś. Jarosław Kaczyński, chef du PiS, dit refuser toute coopération avec Braun, qu'il juge « très dangereux ». L'historien Antoni Dudek l'accuse de servir de « cinquième colonne » de Moscou en Pologne.

Deux filles, deux ruptures

Lindiwe Hani, fille de Chris Hani, avait rendu visite à Waluś en prison à partir de 2016 et lui avait demandé de rester à l'écart de la politique ; il a refusé. Sa propre fille, Ewa Waluś, journaliste, a rompu tout contact avec lui, estimant qu'il pouvait devenir dangereux pour le pays. Waluś n'avait pas répondu aux sollicitations de GroundUp à la publication.

L'affaire dépasse largement la trajectoire d'un homme. Elle pose une question que l'Afrique du Sud, et le continent avec elle, n'a pas finie de régler : un crime commis pour défendre l'apartheid peut-il devenir, trois décennies plus tard, un argument de campagne en Europe ? Le nom de Chris Hani appartient à l'histoire de la libération africaine. Celui de son meurtrier risque de figurer sur un bulletin de vote.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.