La fintech nigériane Kredete rachète Gravv et vise l'infrastructure des paiements de la diaspora

La fintech nigériane Kredete a annoncé le 21 septembre 2026 le rachat de Gravv, plateforme d'infrastructure de paiement en stablecoins, pour un montant non divulgué. L'opération est passée largement inaperçue hors des cercles spécialisés, mais elle touche à un enjeu très concret pour des millions d'Africains : le coût et la fiabilité de l'argent envoyé d'un pays à l'autre.
Fondée en 2022 par Adeola Adedewe, aujourd'hui directeur général, Kredete s'est construite autour des transferts et de la conversion de devises pour les marchés émergents et les communautés de la diaspora africaine. L'entreprise revendique plus de 6,5 millions d'utilisateurs, environ 18 milliards de dollars de volume de paiement annualisé et plus de 60 pays de destination, selon TechCentral. Elle a levé 24,75 millions de dollars depuis sa création. L'équipe dirigeante comprend également Hakeem Oriola, directeur technique, et Ebuka Arinze, directeur produit.
Posséder la tuyauterie plutôt que la louer
Gravv, de son côté, relie banques, réseaux blockchain et systèmes de paiement locaux. La plateforme gère des comptes multidevises, le règlement en stablecoins, le change, la liquidité et les versements locaux. Elle traiterait plus de 3 milliards de dollars de volume annualisé pour plus de 1 000 entreprises réparties dans plus de 100 pays, avec sept partenaires bancaires internationaux, d'après Business Tech Africa.
L'intérêt du rachat tient à cette logique d'intégration. Jusqu'ici, les fintechs africaines louaient pour l'essentiel leur infrastructure de règlement à des acteurs étrangers, ce qui pèse sur les marges et laisse le contrôle ailleurs. En internalisant Gravv, Kredete entend non seulement réduire sa dépendance, mais revendre cette capacité à d'autres banques et fintechs opérant sur les marchés émergents. « L'infrastructure est le fossé défensif », a résumé Adeola Adedewe, cité par TechCentral.
Ce que cela change pour les transferts
Les envois de fonds de la diaspora représentent chaque année des dizaines de milliards de dollars pour le continent, souvent davantage que l'aide publique au développement, et les frais prélevés sur ces transferts restent parmi les plus élevés au monde pour les corridors africains. Chaque point de pourcentage gagné sur ces commissions revient directement dans les foyers qui reçoivent l'argent.
Le règlement en stablecoins promet des transferts plus rapides et moins coûteux, mais il reste jeune et son encadrement réglementaire varie fortement d'un pays africain à l'autre. L'enjeu, pour Kredete comme pour ses concurrents, sera de démontrer que la baisse des coûts atteint réellement les utilisateurs finaux, et pas seulement les comptes de résultat.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.