Londres menace d'interdire tous les visas aux Érythréens pour contraindre Asmara à reprendre ses ressortissants

Story Africa·16 octobre 2026·2 min de lecture
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La ministre britannique de l'Intérieur, Shabana Mahmood, a menacé le 15 octobre 2026 de fermer l'accès aux visas britanniques à l'ensemble des ressortissants érythréens si Asmara n'accepte pas le retour d'un plus grand nombre de migrants arrivés par petites embarcations et de personnes condamnées pénalement, rapporte Africanews.

La menace ne porte pas sur une catégorie de demandeurs mais sur une nationalité entière : étudiants, familles, personnes en déplacement professionnel seraient concernés au même titre que les responsables de l'État érythréen. Une telle mesure punirait d'abord des civils pour un désaccord entre deux gouvernements.

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Des mesures déjà en vigueur

Londres a d'ores et déjà retiré aux responsables et personnalités érythréennes l'accès accéléré aux visas. Les diplomates érythréens en poste au Royaume-Uni ne peuvent plus s'éloigner de plus de 60 kilomètres de Londres sans autorisation du Foreign Office, selon Africanews. Le ministère de l'Intérieur britannique justifie ce durcissement par le retrait soudain, par Asmara, de sa coopération sur les retours au cours de l'année 2026, après des mois de démarches menées discrètement.

Ce que disent les chiffres

Les Érythréens constituent la nationalité la plus représentée parmi les arrivées par petites embarcations au Royaume-Uni sur l'année achevée en juin 2026. Sur les quatre dernières années, 2 626 Érythréens ont vu leur demande d'asile rejetée, et moins de 4 % d'entre eux ont été effectivement expulsés, d'après les données citées par Africanews. Shabana Mahmood a prévenu que d'autres pays pourraient subir des restrictions comparables s'ils refusent de reprendre leurs ressortissants.

Pourquoi les Érythréens partent

Ce bras de fer ignore la question de fond : la raison de ces départs. Les organisations de défense des droits humains documentent de longue date en Érythrée le travail forcé, la torture et l'étouffement de la presse, rappelle une analyse d'African Arguments reprise par AllAfrica le 15 octobre 2026. Le même texte note que Washington a levé le 19 septembre 2026 les sanctions imposées en 2021 au parti au pouvoir, le PFDJ, pour son rôle dans la guerre du Tigré, et estime que les bénéfices de cette levée iront d'abord aux élites visées plutôt qu'à la population.

La logique est donc double : les capitales occidentales allègent la pression sur le pouvoir érythréen tout en menaçant d'ériger un mur devant les Érythréens qui le fuient. Le droit de demander l'asile ne dépend pas de la bonne volonté du pays que l'on quitte. Faire du visa un instrument de pression diplomatique revient à transformer des civils en monnaie d'échange.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.