Madagascar : cinq avocats de Nosy Be menacés de mort pour des dossiers de spoliation foncière

Cinq avocats exerçant à Nosy Be, dans le nord-ouest de Madagascar, sont la cible depuis plusieurs semaines d'une vague de menaces diffusées sur les réseaux sociaux, rapporte RFI le 10 octobre 2026. Menaces de mort, atteintes à la vie privée et propos xénophobes : la campagne a suivi des décisions de justice rendues dans des litiges fonciers sur l'île touristique. L'Ordre des avocats de Madagascar a réagi par un communiqué, dans lequel son bâtonnier, Me Ferdinand Ranary Rakotoarisoa, affirme que les réseaux sociaux « ne sauraient constituer une zone de non-droit ».
L'Ordre réclame la protection physique de ses membres
Le plus lu du moment14 octobre 1999 : mort de Mwalimu Nyerere, l'homme qui fit de Dar es Salaam la base arrière des libérations africaines →Dans son communiqué daté du 24 septembre 2026 et relayé par Midi Madagasikara, le conseil de l'Ordre décrit une campagne mêlant attaques en ligne, dénigrement dans les médias et propos très violents tenus lors de réunions publiques, avec des appels à la violence qui installent un climat de peur et menacent l'intégrité physique des avocats visés. L'institution formule quatre demandes : la condamnation ferme de toute intimidation, le soutien plein aux cinq avocats, une action urgente des autorités compétentes pour garantir leur sécurité et une protection effective permettant d'exercer les droits de la défense sereinement. Elle rappelle qu'une contestation du comportement d'un avocat relève des voies légales, non des réseaux sociaux ni de la confrontation publique. Les noms des cinq avocats n'ont pas été rendus publics.
Derrière les menaces, la bataille de la terre
L'affaire met en lumière un contentieux récurrent à Nosy Be, destination très prisée des touristes, où les conflits sur la propriété du sol se multiplient. La défiance envers la justice et l'administration foncière y est forte : selon les doléances recueillies par le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), ces deux services figuraient parmi les plus corrompus du pays en 2025. Pour Mamy Rakotondrainibe, présidente du Collectif Tany, c'est « la loi du plus fort » qui domine, et les petits paysans comme les personnes dépourvues de documents fonciers officiels se retrouvent sans défense face aux accaparements de terres.
Le Collectif Tany plaide pour la création d'une juridiction spécialisée, dotée d'enquêteurs et de juges entièrement consacrés aux litiges fonciers. Aucune réponse des autorités malgaches n'avait été rendue publique à la date du 10 octobre 2026. Le dossier dépasse largement Nosy Be : dans une grande partie du continent, la sécurisation des titres de propriété reste le premier rempart des familles rurales contre la dépossession, et la capacité des avocats à plaider sans crainte en est la condition.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


