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Mali : six mois après l'enlèvement de Mountaga Tall et de son fils, aucune information officielle

4 novembre 2026 · 3 min de lecture

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  • Avocat de 69 ans et figure de la démocratisation malienne, Mountaga Tall a été enlevé début mai 2026 à Bamako.
  • Amnesty et HRW réclament des réponses ; les autorités se taisent.

Six mois après l'enlèvement de l'avocat et homme politique malien Mountaga Tall, 69 ans, ni la justice ni aucun responsable malien n'a communiqué la moindre information officielle sur son sort ni sur celui de son fils aîné, Cheick Mamadou Tall. Amnesty International et RFI l'ont rapporté le 3 novembre 2026.

Mountaga Tall a été enlevé à son domicile de Bamako dans la nuit du 2 au 3 mai 2026 selon RFI, qui attribue l'opération à la Sécurité d'État ; Amnesty International évoque la nuit du 3 mai et décrit des hommes armés et cagoulés circulant à bord de véhicules sans plaques d'immatriculation. Son fils a disparu à son tour à la mi-mai, après être allé lui apporter des effets personnels, selon Amnesty. Depuis, aucun des deux hommes n'a été officiellement inculpé ni présenté à un tribunal.

Une figure des années 1990

Dirigeant du Congrès national pour l'initiative démocratique, Mountaga Tall est décrit par Amnesty International comme une « figure clé de la démocratisation politique du Mali dans les années 1990 ». Avant son enlèvement, il avait contesté devant les tribunaux la dissolution des partis politiques et défendu l'ancien Premier ministre Moussa Mara. Le tribunal militaire de Bamako avait annoncé le 1er mai 2026 une enquête sur des attaques survenues le 25 avril, et une vidéo diffusée quelques jours après l'enlèvement a montré un ancien soldat accusant Mountaga Tall d'y être impliqué, rapporte Amnesty, sans que ces accusations aient été portées devant un juge.

Les appels se multiplient, le silence persiste

Le directeur régional d'Amnesty pour l'Afrique de l'Ouest et centrale, Marceau Sivieude, demande aux autorités de révéler d'urgence « ce qui leur est arrivé » et que les responsables rendent des comptes. L'organisation réclame une preuve de vie, la révélation du lieu de détention et un accès immédiat aux familles, aux avocats et aux médecins. Elle affirme avoir documenté une pratique systématique de disparitions forcées imputées à des agents de l'Agence nationale de sécurité de l'État.

La liste de ceux qui ont réclamé des réponses est longue : la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples le 16 mai 2026, la Conférence internationale des barreaux, qui regroupe des avocats de 42 pays, le 26 mai, puis le Comité des Nations unies sur les disparitions forcées en juillet. Human Rights Watch a publié un nouvel appel le 30 octobre 2026. Selon RFI, les autorités de transition restent muettes.

D'autres voix critiques sont visées. RFI rapporte que quatre militants, Youssouf Daba Diawara, Aboubacar Soumaré, Moussa Djiré et Ibrahima Tamega, ont été présentés à un juge le 20 octobre 2026 et poursuivis pour atteinte au crédit de l'État, association de malfaiteurs et tentative de déstabilisation des institutions, sans que les faits reprochés soient connus.

Défendre les droits des Africains, c'est aussi exiger de leurs propres États qu'ils répondent. Dans un pays où la présomption d'innocence et le droit à un juge sont inscrits dans la loi, l'absence totale d'information pendant six mois reste une question posée au gouvernement malien.

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