Manganèse : Paris veut devenir premier actionnaire d'Eramet, trois ans avant l'interdiction gabonaise d'exporter brut

Story Africa·15 octobre 2026·2 min de lecture
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Manganèse : Paris veut devenir premier actionnaire d'Eramet, trois ans avant l'interdiction gabonaise d'exporter brut
Photo : Thamizhpparithi Maari · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

L'Élysée a annoncé le 12 octobre 2026 que l'État français allait « augmenter significativement » sa participation dans Eramet, le groupe minier qui exploite le manganèse gabonais à travers sa filiale Comilog. Selon Ecomatin, Paris participera à une augmentation de capital pouvant atteindre 500 millions d'euros d'ici la fin de l'année pour devenir « très largement » le premier actionnaire du groupe, sans dépasser 50 % du capital.

L'État détenait un peu plus de 27 % du capital fin 2025, la famille Duval 37,22 %. D'après l'Agence Ecofin, l'État prévoit aussi de racheter tout ou partie des droits préférentiels de souscription de cette famille, et l'opération doit encore obtenir certaines autorisations. Le groupe sort d'une année difficile : une perte nette de 477 millions d'euros en 2025 selon Ecomatin, et une dette nette de 1,87 milliard d'euros fin juin 2026 d'après l'Agence Ecofin.

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Libreville a fixé une échéance : 2029

Cette reprise en main parisienne intervient au moment où le Gabon, d'où vient une large part du manganèse d'Eramet, veut cesser d'exporter son minerai à l'état brut. En mai 2025, Libreville a annoncé son intention d'interdire ces exportations à partir du 1er janvier 2029 pour imposer la transformation sur place.

Un protocole d'accord signé en juillet 2026 entre Eramet et le gouvernement gabonais prévoit d'étudier trois scénarios pour transformer localement jusqu'à 700 000 tonnes de minerai par an d'ici fin 2031, rapporte l'Agence Ecofin : la rénovation du complexe métallurgique de Moanda, avec une capacité envisagée de 70 000 tonnes d'alliages par an et un redémarrage visé fin 2029 ; une nouvelle usine sur la côte, de 265 000 tonnes d'alliages par an à partir de 2031 ; et une unité d'oxyde de manganèse près de Libreville, envisagée pour 2028.

Des usines qui arriveraient après l'interdiction

Le calendrier reste fragile. Selon l'Agence Ecofin, ces projets dépendent d'une électricité suffisante et compétitive, d'infrastructures logistiques et de décisions de financement encore à prendre ; une partie des capacités ne serait opérationnelle qu'après l'entrée en vigueur de l'interdiction du minerai brut. Aucune part de la recapitalisation annoncée n'a été affectée aux projets gabonais, précise la même source.

Le plan de redressement « ReSolution », présenté en décembre 2025, mise par ailleurs sur des gains de productivité dans le manganèse, liés notamment à la modernisation du chemin de fer Transgabonais, financée par la France et l'Union européenne.

L'enjeu dépasse la Bourse de Paris : il s'agit de savoir qui fixera la valeur ajoutée du manganèse gabonais, et où elle sera créée. Le Gabon a posé une date. Il reste à vérifier que les usines, l'énergie et le financement suivront avant le 1er janvier 2029.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.