Maroc : Amnesty accuse la DGST d'avoir espionné journalistes et militants pendant plus de dix ans

Amnesty International a publié le 1er octobre 2026 un rapport intitulé « We start with the verdict » qui accuse le renseignement intérieur marocain d'avoir surveillé pendant plus de dix ans des journalistes, des défenseurs des droits humains et des militants sahraouis à l'aide de logiciels espions achetés à des entreprises étrangères.
Quatre logiciels espions, un seul service
D'après le rapport, relayé par le consortium d'investigation OCCRP, la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) a successivement acquis et déployé le logiciel israélien Pegasus, de NSO Group, le système Eagle du français Amesys, le RCS de l'italien Hacking Team et le FinSpy du groupe anglo-allemand Gamma. Amnesty fait remonter les premiers contrats de ce type à 2009 au moins et situe l'usage de Pegasus entre 2017 et 2021. Une fuite de données de Hacking Team, en 2015, montrait déjà que le service marocain disposait d'une licence lui permettant d'infecter jusqu'à 2 000 appareils, sous Windows, Mac et téléphones mobiles.
Un ancien agent sort du silence
L'enquête s'appuie sur le témoignage d'un ancien employé des services secrets marocains. Selon ce lanceur d'alerte, la DGST passait par des intermédiaires privés pour contracter avec NSO Group, une méthode qui évitait à l'État de laisser une trace écrite directe. Les documents cités mentionnent aussi le Comité des secrets de la défense nationale.
Parmi les personnes visées, le rapport identifie le journaliste Hicham Mansouri, dont l'appareil a été infecté par Pegasus, et Claude Mangin, épouse du militant sahraoui Naama Asfari, emprisonné au Maroc. Des responsables politiques français et espagnols auraient également été ciblés. Pour l'organisation, les membres de la société civile ont été « la cible première » des autorités marocaines dès l'origine de ce dispositif.
Rabat conteste
Le Maroc a toujours démenti utiliser des logiciels espions contre ses citoyens. Sollicité par l'OCCRP, le gouvernement n'a pas répondu, et les sources consultées ne font état d'aucune réaction officielle au rapport du 1er octobre. Des médias proches du pouvoir ont balayé ces travaux, les jugeant fondés sur des sources anonymes invérifiables et des pièces documentaires fragiles.
L'affaire dépasse les frontières marocaines. Elle pose la question du droit des Africains à une presse libre et à une vie privée protégée, à l'heure où le marché de la surveillance reste dominé par des fournisseurs israéliens et européens qui vendent à des États du continent des capacités échappant largement au contrôle des parlements et des juges. Défendre les droits des Africains suppose aussi de tenir les pouvoirs africains comptables de l'usage qu'ils font de ces outils.
Amnesty qualifie d'illégales les attaques qu'elle a documentées. Aucune procédure judiciaire ouverte au Maroc à la suite de ce rapport n'a été rendue publique à ce jour.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.