Minéraux critiques : l'ONU lance un mécanisme pour cinq pays africains et les communautés minières

Les Nations unies ont lancé un mécanisme d'appui destiné à six pays, dont cinq africains — la Guinée, Madagascar, le Nigeria, le Zimbabwe et la Zambie —, pour que la richesse tirée des minéraux critiques profite réellement aux populations vivant près des mines. L'information a été rapportée le 2 octobre 2026 par l'Agence Ecofin.
Le sujet est au cœur de la décennie qui s'ouvre. Cuivre, lithium, graphite, terres rares : ces minéraux sont indispensables aux batteries, aux réseaux électriques et aux éoliennes, et plusieurs États africains se battent aujourd'hui pour en transformer davantage sur place plutôt que d'exporter des concentrés. Mais une question reste largement sans réponse : que reste-t-il, au bout de la chaîne, aux villages situés à quelques kilomètres des fosses ?
Les dispositifs existent, la gouvernance manque
L'exemple congolais est éclairant. En République démocratique du Congo, la loi oblige les entreprises minières à consacrer 0,3 % de leur chiffre d'affaires au développement des communautés voisines. Le mécanisme fonctionne sur le papier, beaucoup moins dans les faits : un audit publié en 2025 a relevé des irrégularités dans la gestion de 217 millions de dollars par 46 organisations entre 2018 et 2023, selon l'Agence Ecofin.
Cité par la même source, l'expert minier Ahamadou Mohamed Maiga estime que les entreprises s'acquittent généralement de leurs obligations financières, mais que la faiblesse des institutions en annule l'effet. Il souligne notamment que les communautés locales sont rarement consultées de manière sérieuse au moment de décider quels projets financer — école, dispensaire, route, adduction d'eau. L'argent arrive donc, mais pas toujours là où les habitants l'attendaient.
178 allégations en quinze ans
Le contexte est d'autant plus tendu que l'extraction s'accélère. Entre 2010 et 2024, le Business & Human Rights Resource Centre a documenté 178 allégations d'atteintes aux droits humains ou à l'environnement liées aux minéraux de transition, les travailleurs et les communautés riveraines figurant parmi les principales victimes, rapporte l'Agence Ecofin.
Le nouveau mécanisme onusien doit porter sur le partage équitable des bénéfices, l'association réelle des communautés aux décisions, la diversification économique des régions minières et la montée en gamme industrielle au-delà de la simple première transformation.
C'est là que se joue la crédibilité du discours sur la transition énergétique. L'Afrique détient une part décisive des minéraux dont le monde a besoin pour se décarboner ; elle n'a aucune raison d'accepter que cette richesse se traduise, une fois de plus, par des terres abîmées, des emplois précaires et des communautés laissées de côté. La transformation locale est une bataille économique. La redistribution aux populations voisines des mines en est une autre, tout aussi déterminante, et elle relève d'abord de la responsabilité des États africains eux-mêmes.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.