MTN décroche le feu vert sud-africain pour racheter IHS Towers, 2,2 milliards de dollars sur la table

Le Tribunal de la concurrence sud-africain a approuvé le 2 octobre 2026 le rachat par l'opérateur MTN de la part d'IHS Towers qu'il ne détenait pas encore, une opération évaluée à 2,2 milliards de dollars, soit environ 36 milliards de rands, rapporte le média spécialisé Techpoint Africa. MTN, qui possédait déjà environ un quart du capital, met ainsi la main sur les quelque 75 % restants.
L'offre avait été annoncée en février 2026. Elle referme une boucle : en 2022, MTN Afrique du Sud avait cédé à IHS 5 701 sites de tours passives pour 6,4 milliards de rands. Quatre ans plus tard, l'opérateur reprend le contrôle de cette infrastructure.
Les tours, colonne vertébrale invisible du numérique africain
Derrière chaque appel, chaque transfert d'argent mobile et chaque connexion de données en Afrique, il y a un pylône. Les sociétés de tours, longtemps discrètes, sont devenues des actifs stratégiques : elles louent leurs sites à plusieurs opérateurs à la fois, ce qui évite de dupliquer les pylônes et abaisse le coût de la couverture, en particulier dans les zones rurales où le retour sur investissement est le plus lent.
C'est précisément ce modèle mutualisé que le régulateur a voulu protéger. Le tribunal a assorti son autorisation de conditions : accès équitable et non discriminatoire à l'infrastructure d'IHS, maintien des droits des clients existants et du renouvellement de leurs baux, traitement égal des opérateurs concurrents, confidentialité des données des clients, et maintien d'IHS comme entité opérationnellement indépendante.
Pourquoi ces garde-fous comptent
Sans ces conditions, un opérateur propriétaire des pylônes pourrait être tenté de favoriser son propre réseau et de renchérir l'accès pour ses rivaux, avec au bout de la chaîne des prix plus élevés pour les abonnés. Le contrôle de l'infrastructure physique est l'un des points où se décide concrètement le coût de la connexion sur le continent, encore parmi les plus chers au monde rapporté au revenu.
Un capital africain qui rachète ses propres réseaux
L'opération illustre aussi un mouvement de fond : des groupes africains qui reprennent la propriété d'actifs numériques structurants au lieu de la laisser à des fonds extérieurs. MTN, présent dans une vingtaine de marchés africains, consolide ici un maillon dont dépendent ses concurrents autant que lui-même. La vigilance des régulateurs du continent déterminera si cette intégration se traduit par une couverture élargie ou par une position dominante renforcée.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.

