Niger : Moussa Kaka est détenu par l'État, confirme le ministre de la Justice après 36 jours de silence

Le ministre nigérien de la Justice et des Droits humains, Alio Daouda, a confirmé à Reporters sans frontières (RSF) le mardi 6 octobre 2026 que le journaliste Moussa Kaka est en vie et détenu par les autorités. C'est la première fois que l'État nigérien s'exprime directement sur le sort du directeur de Radio Télévision Saraounia, disparu depuis le 31 août, soit trente-six jours plus tôt.
Selon RSF, le ministre affirme que le journaliste a « commis une infraction » et qu'il devra « répondre devant les juridictions ». Il avait déjà évoqué sa détention le 25 septembre à Genève, lors de l'Examen périodique universel du Niger, en réponse à une question de la RADDHO, l'organisation ouest-africaine des droits humains.
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Moussa Kaka a quitté son bureau du quartier Kalley Est, à Niamey, le 31 août 2026. Il n'est jamais arrivé à son domicile de Lossogoungou et son véhicule n'a pas été retrouvé, rapporte RSF. Sa disparition est survenue deux jours après une mutinerie signalée dans plusieurs installations militaires de la capitale.
Pour l'ONG, la déclaration du ministre « lève le voile » qui subsistait, selon les mots de Sadibou Marong, directeur de son bureau Afrique subsaharienne. Mais RSF estime que la qualification de disparition forcée reste valable au sens de l'article 2 de la Convention internationale contre les disparitions forcées, un texte que le Niger a ratifié : le lieu de détention n'est pas communiqué, les faits reprochés restent flous, et le journaliste n'a accès ni à ses proches ni à un avocat. L'ONG réclame sa libération immédiate.
Trois saisines internationales en trois semaines
RSF a saisi le 16 septembre la rapporteuse spéciale sur la liberté d'expression de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, Ourveena Geereesha Topsy-Sonoo, puis le 28 septembre le groupe de travail de l'ONU sur les disparitions forcées ou involontaires. Le 2 octobre, le comité des disparitions forcées de l'ONU a demandé au Niger de clarifier sans délai le sort du journaliste et le lieu où il se trouve, selon l'organisation.
Moussa Kaka n'est pas un inconnu : quarante ans de métier, ancien correspondant de RFI et de RSF au Niger, il figure parmi les voix les plus écoutées du paysage médiatique sahélien. Le Niger occupe la 120e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF, avec un score de 46,02.
Aucune infraction n'a été établie par un tribunal à ce stade, et la présomption d'innocence vaut ici comme ailleurs. Reste que défendre les droits des Africains, c'est aussi exiger de leurs États le respect des engagements qu'ils ont eux-mêmes signés. Aucune date d'audience n'a été annoncée.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


