Notation : l'Afrique lance l'AfCRA à Port-Louis pour ne plus payer 9 dollars d'intérêts sur 100 empruntés

Story Africa·8 octobre 2026·2 min de lecture
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L'Union africaine a officiellement lancé le 7 octobre 2026 à Port-Louis, à Maurice, l'Africa Credit Rating Agency (AfCRA), la première agence de notation panafricaine, en marge de la deuxième Conférence africaine annuelle sur la notation de crédit. Selon l'Union africaine, l'institution doit évaluer la solvabilité des États africains, de leurs collectivités et de leurs entreprises, et donner au continent une voix dans la gouvernance financière mondiale.

Ce que l'Afrique paie pour emprunter

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Un chiffre résume l'enjeu : en 2024, les pays africains ont payé environ 9 dollars d'intérêts pour 100 dollars empruntés sur les marchés internationaux, contre 4,70 dollars pour l'Asie émergente et 6,50 dollars pour l'Amérique latine, d'après des estimations de l'OCDE citées par Africanews. Cet écart ne se paie pas en abstractions comptables, mais en écoles et en dispensaires non construits.

L'Union africaine rappelle que le service de la dette extérieure du continent est passé de 61 milliards de dollars en 2010 à 163 milliards en 2024. Dans la majorité des pays africains, les paiements d'intérêts dépassent désormais les budgets de la santé ou de l'éducation.

Vingt-trois pays que personne ne note

Le second problème est le silence. Sur les 55 États du continent, 32 seulement sont notés par les trois grandes agences occidentales — Fitch, Moody's et S&P — et 23 ne le sont pas du tout, selon le Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP), l'institution de l'UA qui a porté le projet. Un pays non noté est un pays que les investisseurs internationaux traitent par défaut comme risqué.

Une agence que les États ne pourront pas posséder

L'AfCRA est conçue pour résister au soupçon de complaisance : l'Union africaine la présente comme privée, autofinancée et indépendante, et les gouvernements ne peuvent pas en détenir de parts. Son siège est à Port-Louis, avec des filiales régionales prévues. La Banque africaine de développement et les régulateurs nationaux figurent parmi les partenaires ; le cabinet sud-africain Plus94 est conseiller technique.

Le projet vient de loin : adopté par la Conférence de l'UA en 2018, soutenu par les ministres africains des Finances à Nairobi en juillet 2023, puis doté d'une méthodologie par le MAEP.

« Des notations justes, pas favorables »

Le président nigérian Bola Tinubu a écrit sur X que l'Afrique voulait des notations justes et non des notations favorables. Jacob Oreki, consultant à la Strathmore University Foundation au Kenya, a rappelé à l'AFP qu'une agence se juge sur son indépendance et son exactitude.

Le calendrier des premières notations n'a pas été annoncé. Pour les analystes, le vrai test viendra le jour où l'AfCRA dégradera la note d'un État africain. C'est à cette épreuve, et non aux discours de Port-Louis, que se mesurera sa crédibilité.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.