OPay gagne désormais plus avec le crédit qu'avec les paiements : 6,7 millions d'emprunteurs nigérians

Story Africa·14 octobre 2026·2 min de lecture
Partager WhatsApp FacebookXTelegram
OPay gagne désormais plus avec le crédit qu'avec les paiements : 6,7 millions d'emprunteurs nigérians
Photo : Confidence24 · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

OPay, l'une des plus grandes fintechs du Nigeria, tire désormais plus de revenus du crédit que des paiements. C'est ce que révèle un document d'enregistrement déposé le 9 octobre 2026 auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine, analysé le 13 octobre par le média économique nigérian Nairametrics.

Sur le premier semestre 2026, les revenus de l'entreprise ont augmenté de 136,5 % pour atteindre 467,06 millions de dollars, contre 197,48 millions un an plus tôt. Le bénéfice après impôts est passé de 21,71 à 90,87 millions de dollars, et le résultat d'exploitation de 35,80 à 131,24 millions, selon les chiffres repris par Nairametrics et le quotidien nigérian Blueprint.

Le plus lu du momentBoxe : deux championnats d'Afrique rivaux en octobre 2026, à Nairobi puis à Kinshasa →

Le crédit a dépassé les paiements

Les revenus du prêt ont progressé de 167,9 % pour atteindre 236,12 millions de dollars, soit 50,6 % du chiffre d'affaires. Les paiements, longtemps le cœur du modèle d'OPay, n'en représentent plus que 27,9 %, à 130,55 millions. En y ajoutant 41,57 millions de dollars tirés de prêts arrangés en Indonésie pour le compte de tiers, l'activité de crédit pèse 59,5 % des revenus, dont environ 85 % viennent du Nigeria.

Le volume raconte la même histoire : les nouveaux prêts accordés au Nigeria ont plus que triplé, passant de 305,12 à 927,63 millions de dollars. Le nombre d'emprunteurs uniques par trimestre est monté de 3,5 à 6,7 millions de personnes.

Un emprunteur sur quatre en retard

Cette croissance a un coût. Les charges pour pertes de crédit attendues ont bondi de 210,3 %, à 118,36 millions de dollars, soit 25,3 % des revenus contre 19,3 % un an plus tôt. Les créances passées en pertes ont atteint 113,15 millions de dollars, en hausse de 520,5 % : à elles seules, elles dépassent le total de l'ensemble de l'année 2025, qui s'élevait à 69,95 millions.

Au 30 juin 2026, les prêts en retard de paiement représentaient 113,80 millions de dollars, soit 27,4 % des 415,33 millions dus. La proportion s'est améliorée par rapport à décembre 2025, où elle atteignait 34,2 %, mais le montant en valeur absolue a augmenté, de 93,71 à 113,80 millions. Selon le document, l'entreprise a resserré le crédit à la consommation et s'est tournée vers les prêts aux commerçants, qu'elle juge moins risqués, tout en allongeant temporairement montants et durées de remboursement pour certains emprunteurs.

Ces comptes sont publiés alors qu'OPay prépare une introduction en Bourse aux États-Unis, assortie d'une cotation secondaire au Nigeria. Derrière les chiffres se joue une bascule qui concerne des millions de Nigérians : une plateforme née pour faire circuler l'argent du quotidien devient un prêteur de masse, et la question de la soutenabilité de cette dette pour les petits commerçants et les ménages se posera bien avant la cloche de Wall Street.

Cet article t'a plu ? Fais-le tourner.

Partager WhatsApp FacebookXTelegram

Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone

Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.